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NieR, serez-vous prêt à tout ?

Il y a des jeux, parfois, qui sortent un peu de nul part, des jeux desquels vous n’attendez pas grand chose, mais qui au final réussissent à vous surprendre et à vous toucher à vif. Pour moi, NieR a fait parti de ce genre de jeux. Dernier titre développé par l’équipe du studio Cavia, célèbre pour avoir donnée naissance à la série des Drakengard, et édité par Square Enix en Avril 2010, laissez moi vous embarquer dans la découverte de ce jeu unique en son genre, disponible sur XB360 et PS3.

Attention, jeu non identifié et unique en approche

Le soft de Cavia nous plonge dans un futur lointain, où l’humanité est revenue à une technologie presque moyenâgeuse. Nous sommes envoyé dans ce monde, plongé dans la peau d’un père obsédé par la santé en décroît de sa fille, touchée par une maladie signant la fin des êtres humains : la nécrose runique. Ce scénario est très basique, un père voulant sauver sa fille alors que la fin du monde est proche, capable de tout pour cette quête patriarcale ô combien courageuse et louable, qui va croiser des personnages uniques en leur genre et qui va massacrer des tas d’ennemis, des ombres en l’occurrence qui forment un bestiaire relativement peu varié, pour arriver à ses fins. Bref, rien qui nous ferait crier au génie et à l’originalité, mais cette impression va très vite évoluer en quelque chose de beaucoup plus positif.NieR 4
En effet, Nier, personnage éponyme, va, comme nous le disions un peu plus haut, rencontrer des personnages très différents et pour le moins atypiques. Un bouquin, qui parle, complètement égocentrique et sarcastique, une femme mystérieuse à la vulgarité sans limite, un enfant portant un bandeau sur les yeux pour dissimuler un pouvoir occulte et dangereux. Avec ces personnages, le jeu grimpe déjà quelques barreaux sur l’échelle de l’originalité, encore plus si nous plaçons le titre dans son contexte. Indeed (rien n’est trop beau pour éviter une répétition de l’expression «en effet »… ) n’oublions pas que NieR est un A-RPG nippon et il faut bien voir en celui-ci un ovni dans le monde du jeu de rôle japonais. Dans ce style, nous sommes plus habitués à voir des personnages qui se basent plus ou moins sur les mêmes critères. Nous pouvons prendre l’exemple du soldat surpuissant, sombre et énigmatique ou encore de la jeune demoiselle, assez naïve, à la voix suraiguë et aux sous vêtements fortement mis en évidence, deux genres de personnage se retrouvant dans la plus grande majorité des J-RPG. Ce qui est intéressant, avec les protagonistes de NieR, c’est qu’ils sont complètement différents de ce que vous avez déjà pu voir dans un jeu et que chacun d’entre eux possède une histoire passionnante et recherchée, que vous découvrirez avec plaisir et souvent mélancolie en faisant le jeu. Aussi, il est intéressant d’ajouter que le jeu est sorti dans deux versions différentes, l’une préparée à une sauce rentrant beaucoup plus dans les cases de ce qu’on pourrait attendre d’un RPG japonais plus commun. NieR RepliCant voit donc le jour au Japon le même mois de la même année, exclusivement sur Playstation 3. Cette version met en scène un personnage principal beaucoup plus jeune, qui souhaitera sauver sa sœur et non sa fille.NieR 3
Pour continuer sur le scénario, malgré le manque d’originalité qu’on aurait pu craindre en voyant le résumé du titre dans ses grandes lignes, il arrive à devenir exceptionnel au fur et à mesure que vous avancerez dans l’aventure, en particulier grâce à des rebondissements formidables qu’on ne peut voir arriver et à une histoire qui s’étoffe de plus en plus jusqu’à arriver à un final incroyablement touchant, quelque soit la fin sur laquelle vous aboutirez.
NieR a beau être un jeu d’une tristesse, d’une mélancolie, d’une noirceur et d’une maturité formidable, il n’oublie pas de faire appel à l’humour et parfois même à la joie, en particulier grâce aux dialogues dont l’écriture est clairement admirable. Ainsi le jeu se rapproche de manière réaliste et poétique à l’existence humaine qui est parsemée de bons et de mauvais moments, de tristesses et de joies, de rires et de larmes. NieR s’avère être un jeu profondément humain, faisant appel à toutes les émotions et les passions du joueur pour l’immerger dans une histoire et dans un univers magique.

NieR, un hybride aux faces nuancées et diverses

Ovni de par ses personnages et son histoire, NieR l’est tout autant de par son gameplay, très divers et qui rend hommage à d’autres titres phares du jeu vidéo. Alors que de nombreux jeux se cantonnent à un seul type de gameplay, ce qui n’est pas fatalement une mauvaise chose, les développeurs du studio Cavia ont pioché ici et là afin de mettre en place un système de jeu très varié. Ainsi nous retrouvons nous devant un Beat them all pur et dur où le héros devra défourailler tout ce qui se trouve sur son passage, grâce à un système de combat qui aurait par ailleurs mérité d’être plus recherché au niveau des combos disponibles, jusqu’à traverser des phases de Shoot’em up, où mille et une boulettes de couleurs viendront vous assaillir, pour ensuite passer par un peu de plate-forme, rendant hommage aux piliers du jeu vidéo 2D pour revirer vers une vue de dessus, clin d’œil au style du Hack’n’slash.
Vous l’aurez compris, NieR est un véritable hybride qui mélange une ribambelle de genres à sa sauce, nous faisant oublier la répétitivité des combats standards grâce à des phases très différentes dans leurs mécaniques. L’originalité prend donc aussi place dans ce système de jeu qui s’avère être fichtrement efficace. Mais NieR est aussi et surtout un A-RPG. Vous aurez donc la possibilité de choisir vos pouvoirs et vos armes, de les améliorer à loisir grâce à des composants que vous trouverez sur votre chemin ou au détour d’une des nombreuses quêtes annexes que propose le jeu. Soit dit en passant, ces quêtes annexes sont sans grand intérêt. Tuer tant d’ennemis, retrouver tels objets perdus pour les ramener à leurs propriétaires respectifs, rien de bien palpitant. Si quelques quêtes secondaires s’avèrent être intéressantes et apportent vraiment quelque chose au scénario, force est de constater que ces dernières ne sont pas légion face à la grande majorité de quêtes superficielles et répétitives au possible. Malheureusement, il est essentiel de les faire si vous souhaitez acquérir les armes les plus puissantes et ainsi obtenir l’une des fins du jeu. Tout ceci fait grimper la durée de vie du soft de manière considérable, qui passera d’une quinzaine d’heures si vous le faites rapidement à quelques quatre-vingt heures de jeu si vous faites toutes les quêtes secondaires et si vous voulez toutes les armes augmentées au maximum.Nier 2
Puisque nous avons vu quelques défauts du jeu à savoir la répétitivité des combats et les inintéressantes mais nombreuses quêtes annexes, enchaînons donc avec les graphismes qui sont, pour un jeu de 2010, assez laids sur le plan technique. Cavia semble être abonné au fait d’être complètement dépassé sur la technique graphique, comme nous pouvons le remarquer avec les Drakengard, et NieR n’échappe malheureusement pas à la règle. Beaucoup de décors sont vides, très vides, trop vides. Le côté artistique vient tout de même sauver, en partie, ce défaut en proposant des décors plutôt variés et recherchés. Malgré tout, même si les environnements sont plutôt jolis niveau artistique, ils ne le sont pas au point que le joueur ait forcément envie de les parcourir plusieurs fois. Mais envie ou pas, il y sera contraint. En effet, les donjons devront être faits deux fois durant l’aventure, des allers-retours dont nous aurions clairement pu nous passer.

Quand la musique est bonne

Maintenant que nous avons évoqué les défauts du titre, il est temps de passer à sa plus grande qualité : son OST.
Dès lors que nous lançons NieR, nous sommes plongés dans un univers musical d’une magnificence rarement égalée dans un jeu vidéo. Signée Keiichi Okabe, notamment connu pour ses travaux sur la série Tekken et accompagnée de la délicieuse chanteuse anglaise Emi Evans, la musique de NieR atteint des sommets, la perfection même, l’apogée de la jouissance auditive.
Au niveau des paroles, elles ont été écrites par la chanteuse, qui créé ici une langue qui se veut être l’interprétation imaginative de ce que pourraient donner nos langues actuelles dans un futur de quelques centaines d’années. Elle s’inspire donc de différents dialectes, à savoir l’italien, l’espagnol, le japonais, le français, l’anglais et le gaélique. Ceci donne un mélange enchanteur aux milles et une couleurs qui ravira votre ouïe et qui vous emportera dans l’ambiance très particulière du jeu.
Comme nous avons pu le voir au niveau du gameplay et du scénario, les développeurs de chez Cavia ont mis un point d’honneur sur la diversité que propose leur création et la musique n’échappe pas à la règle. En effet, presque aucune piste ne ressemble à une autre. Keiichi Okabe et Emi Evans ont fait preuve d’une créativité de maître, faisant passer la musique du jeu à de douces mélodies au piano accompagnées d’un chant cristallin à des musiques beaucoup plus rythmées jusqu’à d’épiques chants de chœurs agrémentés de percussions. Cette musique est un voyage. Un voyage de par les différents styles sonores qu’elle aborde, mais aussi un voyage émotionnel. Elle donne effectivement au joueur tantôt une impression de gaieté, de joie pleine de candeur, tantôt de la mélancolie, de la tristesse.NieR 5
Le jeu est excellent en lui même, dans ses idées de gameplay et de scénario, mais la musique apporte quelque chose en plus. Elle n’est pas au service du jeu vidéo et le jeu n’est pas non plus à son service. Elle n’est pas non plus superficielle et n’est pas là pour combler un manque de son. Non, dans NieR, c’est un tout homogène qui est formé et la musique s’avère être une composante majeure du jeu de Cavia. Prenons par exemple la première musique du jeu Snow in Summer. Cette chanson se divise en plusieurs parties. Elle commence tranquillement avec un choeur féminin, emportant le joueur dans l’atmosphère unique du soft dès ses premières secondes. Le joueur est contemplatif, non face au paysage qui n’a rien d’exceptionnel, en particulier sur le plan technique, mais face à cette musique si envoûtante et intrigante. Le jeu implique donc très clairement, dès sa première scène, que l’aspect musical est l’un des plus importants du jeu, puisque c’est cette musique qui introduit tout le reste. Après cette introduction musicale, une scène d’action est subtilement amenée. Au début, il n’y a pas de musique, rien, le néant. Puis le choeur féminin reprend, petit à petit. Arrivent ensuite timidement les quelques notes d’un orchestre symphonique alors que le joueur continue à se battre contre des hordes d’ennemis. Les percussions viennent ensuite épicer le tout en rendant l’action encore plus épique, et là… nous y sommes. L’immersion est totale grâce à la subtilité poétique de cette divine bande son et cet aspect va être filé tout le long du jeu afin de le sublimer.
Je tire donc mon chapeau à Keiichi Okabe et à Emi Evans qui nous servent avec NieR l’une des OST les plus marquantes du jeu vidéo jamais réalisées.

89

Culte

CONCRÈTEMENT, QU’EST-CE QUE CA VAUT ?

NieR n’est pas un jeu exempt de défauts : les graphismes, la répétitivité, les allers-retours, les quêtes annexes inutiles… Mais malgré tout cela, nous ne pouvons nier ses qualités qui font de ce titre une expérience magnifique à ne surtout pas manquer. Mettant la part belle aux émotions du joueur et à la diversité, NieR est un jeu qui ose à une époque où le jeu vidéo reste assez timide sur ces capacités artistiques. A titre personnel, NieR est une œuvre qui m’a profondément touchée et que je n’oublierai pas de sitôt, je ne peux que fortement vous le conseiller car, même s’il ne réjouira pas vos pupilles, il saura vous marquer grâce à ses autres vertus.