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Code Geass: Hangyaku no Lelouch, la rébellion est en marche

Sunrise est un studio connu pour être à l’origine de séries d’animation japonaise très portées sur l’univers bien particulier du mecha, dont l’illustre et ultra-populaire licence Gundam. En 2006, celui-ci nous propose une nouvelle série originale dignement nommée « Code Geass » qui repose, pour la première fois, sur la collaboration entre les studios Sunrise et Clamp (XXXHolic, Cardcaptor Sakura, Gate 7, …).
La série débute donc sa diffusion avec un premier épisode sorti le 5 octobre 2006 au Japon et s’étend sur deux saisons de vingt-cinq épisodes jusqu’à septembre 2008. Le succès de Code Geass mena de nombreux auteurs à se concentrer sur des adaptations et spin-offs mangas, ainsi qu’à des films d’animation, produits par le studio Sunrise, encore en production à l’heure actuelle et dont on reparlera dans une autre critique.

 

 

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Si ne pas avoir de pouvoir est mal, en avoir signifie-t-il être juste ?

 

Code Geass nous plonge au cœur de l’Empire de Britannia où la politique dictatoriale menée par les hautes-autorités a réveillé un véritable conflit civil entre le peuple opprimé des Elevens et celui des Britanniens. Lelouch Lamperouge, protagoniste de l’histoire, est un étudiant brillant de l’académie Ashford où il vit avec Nunally, sa pauvre sœur aveugle qu’il chérit. Celui-ci vit une vie plutôt normale jusqu’au jour où une rencontre va chambouler tout son mode de vie. Suite à un terrible événement, il rencontre C.C, une fille mystérieuse aux cheveux verts arborant un étrange signe sur son front, qui lui remet un pouvoir : le « Geass » ; alors que sa vie est en danger. Ce pouvoir antique lui confère la possibilité de prendre emprise sur les Hommes par un simple regard dans les yeux. Lelouch sent ainsi que ce pouvoir est l’occasion rêvée pour lui de concrétiser un rêve qui lui était impossible jusqu’ici : recréer un monde de paix pour sa sœur.

L’histoire commence ainsi et semble tout à fait banale, d’autant plus qu’elle n’est pas sans rappeler un certain Death Note. Toutefois, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué car derrière ce pitch vraiment simpliste se cache un scénario extrêmement bien ficelé et terriblement efficace.Au fur et à mesure que nous progressons dans l’histoire, la personnalité des personnages va évoluer, des cercles, ainsi que des relations, vont se créer et un véritable affrontement, tant psychologique que physique, va exploser. Les dons intellectuels de Lelouch dévoileront finalement sa nature manipulatrice et son désir de contrôle qui le mèneront à établir avec finesse des plans stratégiques extrêmement développés afin de remporter sa bataille. De plus, les pouvoirs du Geass et les secrets qu’il recèle amèneront de nombreux questionnements à la lumière et en laissera d’autres dans l’ombre entraînant ainsi un sentiment de frustration qui nous conduit à faire travailler notre raisonnement.

 

Au delà de la guerre idéologique, Code Geass est aussi un récit profondément touchant et plein de richesses. L’anime permet de toucher à des thèmes tels que l’amitié, la trahison, le sacrifice, l’amour et bien d’autres qui permettent à celui-ci de créer un scénario solide plein de rebondissements. D’autre part, le casting de la série est particulièrement intéressant : chaque personnage dégage un charisme naturel qui le rend attachant et auquel nous pouvons nous identifier. De nombreuses personnes ont longtemps comparé Lelouch Lamperouge à Light Yagami (Death Note), or il est clair que les convictions et le passé de ce dernier le rendent moins noble que le héros de Code Geass.

 

Au final, l’ampleur de l’histoire et des évènements qui la composent ne cesse de croître tout au long des cinquante épisodes, et c’est au cœur de l’action -à coups de méchas- et de la réflexion constante qu’elle s’envole pour pour nous offrir un spectacle rare et sans faille qui nous tient constamment en haleine.

 

 

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« Ceux qui s’approprient le pouvoir de tuer sont ceux qui doivent le plus s’attendre à mourir »

 

L’une des singularités du projet Code Geass repose sur son style graphique dessiné par Clamp. Le studio, bien connu dans le monde de l’animation japonaise, est effectivement reconnaissable grâce aux traits androgynes de ses personnages. Généralement, ceux-ci arbore bien un corps frêle et des traits faciaux très fins qui cassent avec la grosseur de leurs yeux, mais qui leur donne une certaine classe indéniable. Toutefois, lorsque l’on regarde du côté d’autres animes ancrés dans l’univers du mecha comme FullMetal Panic et Gundam Seed, nous nous attendons à voir des personnages qui colleront facilement à l’image imposante et très masculine du mecha de base. Dans Code Geass, ce n’est pas trop le cas mais bizarrement, le mélange des genres donne quelque chose d’atypique qui tend à rendre l’univers bien plus singulier car les personnages nous apparaissent beaucoup plus sensibles et humains dans le corps métallique et viril du mecha. D’ailleurs, Sunrise a apporté un soin particulier à ces entités, ici appelées « Knightmare Frames » (jeu de mot entre « knight » qui signifie « chevalier », et « nightmare » qui veut dire « cauchemar » dans la langue de Shakespear), en créant des machines au design très classe, original et propre.

L’autre particularité de l’anime est son univers et sa direction artistique. Les séries d’animation japonaise nous placent souvent dans un univers ancré profondément dans la culture japonaise. Un fait qui se ressent directement dans le mode de vie des personnages, mais aussi les architectures. Dans Code Geass, il a été décidé de casser avec cette banalité morose et de s’inspirer ailleurs que dans l’archipel nippone. L’anime jouit en effet d’inspirations européennes, et plus particulièrement françaises, tout en gardant cette partie d’intégrité japonaise. Britannia (nom latin de la Grande Bretagne) est un empire qui respire l’influence européenne comme l’académie Ashford qui ressemble de manière improbable au château de Versaille. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que les dirigeants de cette nation impériale se sont vus attribués des noms aux origines européennes tels que Clovis, Charles, Luciano ou encore Marianne. Nous remarquons que l’anime puise directement ses références dans l’histoire française pour alimenter son contenu.

 

Cependant, le Japon ne perd pas sa place puisque dans l’histoire, son peuple est vu comme opprimé par la puissance britannienne. Nommés les « Elevens », ces individus vivent sous la tyrannie de l’empire Britannien et vivent dans l’espoir de retrouver un mode de vie décent. Ainsi, contrairement aux britanniens, ces habitants ne rayonnent pas et sont perçus comme des êtres pauvres. Leurs vêtements diffèrent complètement et leur habitat aussi. La beauté des architectures est alors remplacée par des bâtisses dévastées que nous pourrions assimiler à un champ de bataille. L’équipe créative a bien insisté sur les différences entre les deux populations afin de pouvoir faire immédiatement la distinction. Et cela est très réussi car d’un univers à un autre, nous passons de belles et vives et d’une aura radieuse à une aura sans éclat et des couleurs sombres et fades.

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« La destruction est nécessaire avant la reconstruction »

Concrètement, Code Geass est un bon mélange entre deux univers graphiques très distincts qui sait offrir une réalisation de qualité. L’animation est fluide, notamment en combat, et la mise en scène est incroyable. La sensation de vivre un réel combat pour les idéaux de Lelouch se fait clairement ressentir. Les inspirations européennes et japonaises, dans lesquelles l’anime vogue, lui permettent de casser avec ce que le monde de l’animation japonaise a l’habitude de nous servir et de trouver une originalité artistique qui rend l’œuvre encore plus unique. Je trouve simplement dommage que les opening soient aussi cheap…

La bande-sonorede Code Geass, quant à elle, est juste jouissive. Les musiques correspondent parfaitement à l’univers royale de l’anime et se baladent entre sons orchestraux et jolies balades utilisant des instruments plus naturels et variés que ce qui se fait habituellement dans le milieu. Notons d’ailleurs que le groupe de pop-rock japonais « Flow » a énormément contribué au travail musical de l’œuvre en proposant deux openings dynamiques et sympatoches, mais l’artiste qui se rapproche beaucoup plus de l’ambiance générale de Code Geass, c’est Ali Project. L’artiste proposa deux ending dynamiques et plutôt agressifs pour l’anime qui colle parfaitement aux thématiques du royalisme et de la souveraineté. Ali Project est connu pour son univers et son jeu de sonorités très particuliers, c’est pour cela que je pense que le choix porté sur cette artiste fut l’un des meilleurs à mes yeux. L’harmonie créée entre la direction artistique et la bande-son est un franc succès.

Quant au doublage, oubliez les voix françaises et passez directement au japonais. Je ne dis pas ça car je suis un puriste, je respecte bien évidemment le choix des individus préférant les voix françaises, toutefois il serait coupable de visionner cet anime en français. Le travail de doublage qui a été effectué sur cette œuvre est juste ahurissant. Tout est bon : les intonations de certains passages vous feront vibrer (ALL HAIL BRITANIA ! C’est juste terrible, on se croirait dans 300, les gars.), l’émotion y est sincèrement retranscrite (je vous renvoie à l’épisode de fin) et le professionnalisme reconnu du métier de seiyū se sent véritablement. Et encore une fois, ce n’est pas un avis mais un fait.

All hail Lelouch !

Code Geass, malgré ses quelques années d’ancienneté, est un anime à voir et à revoir. L’animation y est fluide, l’univers y est atypique et singulier, et la bande-originale y est juste magnifique. Le scénario de l’œuvre est ficelé avec finesse et sans faille. L’ampleur des évènements qui le composent ne cesse de croître au fur et à mesure nous tenant en haleine grâce à de nombreux rebondissements et des personnages psychologiquement très travaillés. Ce fruit de la collaboration entre Sunrise et Clamp est une véritable réussite qui se positionne probablement parmi les meilleurs animes de la dernière décennie. Aucune excuse n’est valable si vous avez raté ce fleuron de l’animation japonaise.

Project Zero, une histoire de fantômes japonais

Quand on parle de survival horror japonais ou en général, on évoque souvent des titres comme Silent Hill ou Resident Evil, mais connaissez vous la série des Project Zero ? Non ? Vous devriez. Laissez-moi donc vous faire découvrir ou re-découvrir le premier épisode de cette terrifiante saga, développé par Tecmo et édité par Wanadoo, sorti au Japon en décembre 2001 et en août 2002 en Europe, sur Playstation 2 et XBOX.

Le vent se lève – Ces rêves qui vous poussent vers l’avenir

Annoncé comme le dernier film de Hayao Miyazaki (Voyage de Chihiro, Mon voisin Totoro, Ponyo sur la falaise, …), célèbre réalisateur des studios Ghibli, « Le vent se lève » (Kaze Tachinu) fut attendu avec un énorme enthousiasme par le monde entier. Sorti le 22 janvier dans les salles obscures françaises, le film fut très bien accueilli par la presse et reçut de nombreuses éloges. Des remarques dithyrambiques qui témoignent de la passion, du savoir-faire et de l’amour que Miyazaki a oeuvré dans ce travail faisant office d’hommage à Jiro Horikoshi.

Avant-propos concernant le film et son réalisateur

Lors de sa sortie en Asie, le film « Le vent se lève » a été au centre de quelques polémiques à l’encontre des thèmes abordés s’attaquant parfois à Miyazaki. Les deux pays à avoir soulevé ces vagues de polémiques sont le Japon, et la Corée du Sud.

La population japonaise est bien connue pour être très, voire trop, patriotique. Les japonais aiment leur pays, se repose énormément sur leur propre marché au dépend de l’international, et n’hésitent pas à montrer cet amour nationaliste (ils ne sont pas tous comme ça, attention). Alors, bien évidemment, quand un japonais fait quelque chose qui échappe à leur raisonnement ou ne met pas son pays en valeur, c’est mal. Le Japon étant une île, il souffre du syndrome de l’infériorité et cherche à se complaire dans un idéalisme de supériorité à travers les produits issus de son marché (d’après mon professeur de japonais, lui-même japonais). Le réalisateur a donc été victime d’une vague de propos à son égard le dénonçant comme étant un homme « anti-patriotique ».

En Corée, l’affaire est tout autre. Le film y est vu comme une apologie de la guerre vantant ainsi ses méfaits. Le Japon n’a pas toujours été en de bons termes avec son voisin coréen (et il ne l’est toujours pas… de nombreuses écoles coréennes apprennent aux enfants que le Japon est leur ennemi et qu’il est à haïr), et peut-être bien que cette façon de voir « Le vent se lève » comme tel est le fruit de ces tensions continuelles.

Le film fut très bien accueilli en occident, et cela prête à penser que la critique peut rapidement devenir subjective si une œuvre ne satisfait pas l’ego d’un peuple, ou si son message est mal interprété. Mais bien évidemment, cela ne tient que de ma pensée personnelle.

Un récit poétique où les rêves prennent leur sens

Dans son œuvre, Hayao Miyazaki aborde de nombreux thèmes avec une grande maturité mêlée à une naïveté infantile assumée qui ont souvent fait la force de ses travaux. Le rêve en est un, et il représente l’essence-même du film. Jiro est, en effet, un jeune homme talentueux et passionné qui ne vit que pour son rêve : celui de créer des avions comme Giovanni Caproni qu’il admire et qu’il rencontre souvent dans son sommeil.

Ce monde de songes semble être lié au monde réel, mais en fait, il ne s’agit que du jardin secret de Jiro. Là où les choses qui lui sont les plus chères se trouvent (ses espoirs, ses rêves, son amour, …). Un monde merveilleux bien loin de la réalité qui, elle, vit un conflit. Le Japon est, effectivement, entré en guerre et subi aussi de nombreuses catastrophes naturelles (séismes et incendies) qui ravagent tout sur leur passage. D’ailleurs, Miyazaki ne se tient pas à une image simple de la catastrophe naturelle, mais plutôt à une vision cauchemardesque qui tend à réellement renforcer son aspect dramatique et tragique. Une manière de la représenter qui se veut révélatrice de l’ampleur des dégâts qu’elle occasionne au delà de sa simple manifestation, et ce n’est pas sans rappeler la funeste catastrophe japonaise de mars 2011.

Malgré tout, Jiro rêve toujours de pouvoir créer les avions qu’il ne cesse de dessiner de jour en jour. Ce rêve si fort lui permet d’avancer, d’intégrer une puissante entreprise en aéronautique et de rencontrer de nombreux individus, dont celle qui deviendra sa femme. Le désir de connaissance continuel et les fortes ambitions éprouvées par Jiro peuvent être vues comme une apologie de la science qui, elle même, n’est autre qu’une quête vers le savoir. Travailler pour pouvoir vivre ses rêves, et non rêver sa vie. C’est un peu ce que veut faire comprendre Miyazaki au travers de son ultime chef d’œuvre dans lequel il y appose son empreinte et sa science: « Le vent se lève » est son dernier testament.

 

92

Magnifique

CONCRÈTEMENT, QU’EST-CE QUE CA VAUT ?

Le vent se lève est un récit poétique et mature où se mêlent la passion, l’amour, la fascination et un combat pour la vie mais aussi contre la fatalité du destin. Une maturité à laquelle se rajoute une pointe de naïveté, de joyeuseté et d’innocence qui contraste avec des thèmes bien plus durs abordés et qui permet de rendre l’œuvre accessible à un plus large public. Les enfants y verront une jolie histoire pleine de valeurs et moralisatrice, tandis que les adultes cerneront bien plus la maturité qui se cache dans le fond et verront probablement le film comme une œuvre romantique, musicalement riche et passionnante mais aussi, et surtout, un magnifique hommage au créateur du Mitsubishi A6M Zero.

La traversée du temps – Le voyage temporel revisité

La traversée du temps (Toki wo Kakeru Shōjo) est un film d’animation japonais sorti en juillet 2006 au Japon et un an plus tard, en juillet 2007 en France. Il est produit par le célèbre studio Madhouse, auteur notamment des séries Btooom! et Highschool of the Dead. Cette production a marqué le tournant de la carrière de son réalisateur, Mamoru Hosada. Elle lui permettra d’acquérir une certaine notoriété et de produire par la suite des long-métrages tels que Summer Wars et Les Enfants loups, Ame et Yuki.

La traversée du temps est la suite d’une nouvelle japonaise extrêmement populaire de Yasatuka Tsutsui. L’histoire originale suit les avantures de la tante de Makoto, qui vécut une expérience similaire durant sa jeunesse. Le lien entre les deux oeuvres n’est pas forcément évident pour le public français, mais les deux histoires se chevauchent.

Time waits for no oneTime waits for no one

La traversée tu temps suit l’histoire d’une jeune fille dénommée Makoto et de ses amis Kosuke et Chiaki. A eux trois, ils forment un trio qui passe son temps à jouer au baseball. Makoto est une fille assez excentrique, masculine et tête en l’air. Elle ne fait pas réellement attention à ce qui se passe autour d’elle, et se retrouve souvent dans des situations délicates. Ce quotidien malchanceux, elle le vit sans se soucier de quoi que ce soit.

Le thème du long-métrage est le voyage temporel. Découvert par Makoto, ce moyen de remonter le temps transformera son quotidien malchanceux en une succession de réussites et de moments forts. Dans un premier temps, la jeune fille s’amuse de ses nouvelles libertés, et en profite pour revivre des dizaines de fois les meilleurs moments de ses journées. Ces rapides allers et retours dans le temps vont petit à petit amener de grands changements dans la vie de Makoto. Ses actes vont avoir des conséquences de plus en plus importantes et les dégâts collatéraux vont l’obliger à revivre plusieurs fois la même scène pour corriger ses erreurs. La jeune fille va sentir le poids de ses choix sur ses épaules, et les résultats de ses expériences vont lui ouvrir les yeux sur certaines choses.

Jouer avec le temps est un acte immoral

On ne tarde pas à découvrir la morale de l’histoire : jouer avec le temps est un acte immoral, et l’auteur finira un jour ou l’autre par être puni. C’est alors que le ton du film change radicalement. On passe d’un univers joyeux et coloré à des notes de piano lourdes, des plans tristes, tragiques. Mais le véritable problème du film ne réside pas là ; s’il s’était achevé sur cette révélation destructive, ma note aurait été bien plus haute.

Cependant, là où l’oeuvre trouve son charme, là où on se dit « Tiens, un long-métrage pour ados finalement crédible », tout s’écroule. Mamoru Hosada tente, veinement, de donner une suite de vingt longues minutes à son histoire finalement pas si mal. Ces vingt minutes laborieuses tenteront de nous offrir une « Happy End » et de nous délivrer un second message puéril et illogique : toutes les erreurs sont réparables. Vingt minutes finales qui feront de ce très bon film un simple blockbuster tokyoïte.

Les décors sont tout à fait honnêtes. Sans partir dans les plans « carte postale » de notre ami Shinkai dans Le jardin des mots, ils restent attractifs et très colorés. Le character design est quant à lui sobre. Et ce n’est pas plus mal : on nous épargne donc les personnages aux coiffures extrêmes et aux déguisements surchargés. Ici, place à la simplicité. C’est un peu ce qu’on apprécie principalement dans le travail de Yoshiyuki Sadamoto.

S’ajoute à cela la légèreté de la bande son, principalement composée de notes de piano. Kiyoshi Yoshida, compositeur que l’on connait très peu, réalise finalement un travail de qualité. On retrouve des morceaux mélodieux et enjoués, puis funestes et tragiques. Une bande-son qui sait se faire discrète et apporter sa touche de simplicité à l’œuvre.

 

UN DERNIER MOT POUR LA FIN ?

74
Pas mal

Une histoire touchante qui traite de la jeunesse d’une manière plutôt juste. Même si le thème du voyage temporel est vu et revu, La traversée du temps sait se faire apprécier par sa simplicité et la complicité des personnages. Cependant le film s’éternise. Là où on le pensait achevé d’une manière très cohérente, il nous offre vingt minutes supplémentaires qui n’ont, en réalité, pas lieu d’être. Heureusement, cette erreur est comblée par une qualité de réalisation très fine, simple et incroyablement efficace. Une note qui aurait pu être vraiment plus haute si Hosada avait su s’arrêter quand il le fallait.

Albator: le corsaire de l’Espace – Le film 3D

Récemment sorti pour les fêtes de Noël, Albator, ou Captain Harlock, fait partie de ces films d’animation qui arrivent à démontrer le savoir-faire des japonais en terme d’animation et à pénétrer le marché occidental. Le film s’est donc tapé l’affiche, ce 25 décembre en France, à côté de gros blockbusters telles que le Hobbit : la Désolation de Smaug. Bien évidemment, en tant qu’amoureux de la culture populaire japonaise, je n’ai pas pu résister à l’envie de voir ce film, réalisé par Shinji Aramaki, et je l’ai fait à deux reprises pour en venir à la chronique que je suis en train d’écrire, et vous de lire. C’est pas beau, ça ?

Mon Dieu, que ça en jette ! Et en 3D en plus !

Dans Albator, ça fuse de partout. Les batailles se perdent dans un cortège d’explosions et de tirs lasers oranges et bleues. Les plans et mouvements de caméra sont réussis, et procurent une certaine fluidité chère aux phases d’actions les rendant, ainsi, impressionnantes. Des effets de slow-motions apparaissent à plusieurs reprises et ce, non pas de manière anecdotique, mais avec un vrai travail de fond et de forme. Ces effets de ralenti permettent, en effet, d’accentuer la dimension épique des actions, mais aussi de la classe intersidérale, d’Albator. Pour un film d’animation, la 3D est vraiment belle et maîtrisée. L’immersion n’en est que renforcée, et permet à certains décors de prendre une ampleur bien plus importante. Des décors soignés qui laissent bien souvent contemplatifs. La citée abritant les chefs de la Coalition Gaia est époustouflante, et peut sensiblement rappeler l’architecture de Minas Tirith (avis aux fans du SDA). Toutefois, les expressions faciales de certains personnages peuvent parfois manquer de conviction et la technique d’animation du film n’a rien d’exceptionnelle. L’animation de Final Fantasy VII: Advent Children, sorti il y a déjà un moment, est clairement à un niveau égal, en terme de qualité d’animation, à ce film Albator. Outre ces détails-ci, cela n’entache en rien la qualité globale du film. Un vrai spectacle technique et visuel !

Scénario intéressant, mais pas que…

Concernant le scénario, mon constat est en demi-teinte. L’histoire se déroule après les évènements passés dans la série animée, et Albator est de retour à bord de l’Arcadia. Seulement ses ambitions sont totalement autres. Le corsaire de l’Espace ne cherche plus à protéger la Terre, ou du moins plus de la même manière. La planète est, en effet, aux mains de la Coalition Gaia et ne vit que dans l’ombre d’une illusion. Un groupuscule aux airs républicains qui cherche à empêcher Albator de mettre ses plans à l’œuvre. Mais si l’on place ce conflit politique et territorial en arrière-plan, de petites autres tensions viennent compliquer le conflit principal. Dans le fond, l’histoire est correcte, cohérente et l’intrigue se fait bien ressentir. Néanmoins, ce qui gêne, c’est bel et bien la façon dont les explications sur certains évènements ou prises de conscience sont apportées. C’est généralement vite expédié, et finalement on en sait pas plus. « Oh, Albator ! Je vais te tirer dessus, je suis un espion ! » « Libères toi des chaînes qui t’entravent.. » « *hésite* Je vais t’aider en fait ! » … J’exagère peut-être un peu, mais il y a réellement des scènes comme celle-ci. Et c’est dommage car le film aurait gagné en profondeur s’il avait été plus long et si les explications étaient plus pertinentes, ainsi ce petit arrière-goût amer aurait sûrement perdu de son intensité. J’aimerai beaucoup en dire plus mais je m’en irai dans le spoil, et cela serait vraiment dommage.

 

78

Bon

CONCRÈTEMENT, QU’EST-CE QUE CA VAUT ?

Si le film a réussi à percer en occident, ce n’est pas pour rien. Spectaculaire, soigné et poétique, Albator est un film qui se laisse voir et revoir. Shinji Aramaki montre encore une fois, à travers son œuvre cinématographique, que les japonais maîtrisent l’animation GG à la perfection, mais aussi la technologie 3D, qui n’a pas l’air d’avoir pris son pied au pays du soleil levant. Malgré des explications bien souvent trop floues, concernant certains évènements du scénario, le film se veut poétique et extrêmement dynamique. Et c’est réussi, car Albator est un film visuellement beau, mais sans plus, qui offre un spectacle démentiel comme le font si bien les japonais. Un bon film qui reste fidèle aux lignes directrices de l’anime et qui saura plaire à tous les publics, même les néophytes. Dommage que la qualité graphique semble un peu datée et que certains défauts tenant du détails viennent ternir l’ensemble de l’oeuvre.

 

Evangelion 3.33: You can(not) redo – L’animation japonaise dans toute sa splendeur

Depuis bien des années, le monde de l’animation japonaise regorge de petites perles. Certaines deviennent cultes, d’autres s’étouffent sans qu’elles n’aient le temps de rencontrer le succès qui devrait leur revenir. Parmi celles-ci se trouve un anime qui, aujourd’hui, n’est plus à présenter : Neon Genesis Evangelion, ou Shin Seiki Evangerion de son nom original (« Evangile du nouveau siècle »). Fort de son succès et d’une communauté de fans gargantuesque, l’anime fut adapté en manga ainsi qu’en films d’animation proposant tous deux une interprétation différente du scénario principal, tout en restant fortement fidèle aux bases que créa Hideaki Anno.

    Nommé Rebuild of Evangelion, ou Evangerion Shin Gekijōban, ce projet englobe quatre films d’animation, toujours réalisés par Hideaki Anno et son nouveau studio d’animation Khara, dont l’intérêt est de réadapter l’entièreté des 26 épisodes de l’anime et de proposer une vision différente du scénario, certainement plus simple à cerner, mais aussi se permettre de revoir certaines scènes originales limitées par la technique d’animation de l’époque. Evangelion 3.33 : You can (not) redo (Evangerion Shin Gekijōban: Q ) est le dernier film à être sorti dans les salles obscurs japonaises en 2012, et a rencontré un immense succès : si bien qu’il a dépassé The Dark Knight Rises, le dernier bijou de Christopher Nolan, dans le box-office japonais . Ce succès commercial est en partie dû à une solide communauté de fans, mais le mérite-il pour autant ?

Evangelion 3.33, un réel sens au projet « Rebuild of Evangelion »
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Plan de complémentarité de l’Homme…

Parmi les trois épisodes du projet « Rebuild of Evangelion », celui qui sonne le glas du véritable changement pour la série est sans nul doute le troisième. Hideki Anno avait révélé vouloir se détacher des racines de la série en proposant cette tétralogie. Le premier épisode reprenait, en effet, la ligne directrice des premiers épisodes de l’anime original et la suivait intégralement : c’était une réelle refonte. Un choix totalement compréhensible quand on sait que la compilation est destinée aux néophytes, tout comme aux fans de la première heure. Il était donc question d’apporter quelque chose de nouveau pour les deux communautés bien distinctes. Le deuxième épisode, contrairement au premier, commençait déjà à apporter quelques changements au scénario de base en ajoutant des nouveautés en termes de choix scénaristiques et de personnages. Toutefois, il restait toujours dans les lignes de l’anime tout en essayant de franchir ses frontières, sans véritablement prendre de risques.
Pour information, le titre japonais de chaque film donne un petit indice sur son importance dans l’avancement du scénario globale qui les lie. Le premier finissait par le mot «  » qui signifie « prologue », tandis que le deuxième avait le mot « ha » qui veut dire « Interlude/développement ». Avec un peu de jugeote, on en déduit que ces deux films avaient donc pour but d’apporter les bases, et les développer suffisamment bien pour en faire un pivot. Celui qui a pu relancer la deuxième partie de la tétralogie vers une certaine liberté narrative fortement ressentie dans ce troisième épisode. Toutefois, ce tournant narratif n’a pas forcément été très bien accueilli par les critiques, et a notamment été une demie-déception. Jugé comme étant un épisode de phase inachevé, il n’aura pas conquis tout la communauté.

A titre personnel, et c’est ce dont il est question dans cette review, la narration de ce film d’animation Evangelion ne m’a pas dérangée. Plus posé et axé sur certaines explications, dont les évènements passés durant le laps de temps séparant le deuxième épisode et celui-ci, Evangelion 3.33 dispose d’un scénario solide, fort touchant et toujours aussi passionnant qui a le mérite d’apporter une plus valu aux bases fondées par la série animée, mais aussi à s’éloigner du concept du remake morose. Hideaki Anno connaît très bien sa série, et tente d’offrir une nouvelle approche à ses personnages, aux dénouement et fondamentaux.

Arrêtes de jouer l’enfant pleurnichard !

Parenthèse à part, le film appuie énormément sur le fait que Shinji est totalement perdu dans un brouillard très épais. Une métaphore faite pour désigner la confusion qui a une forte emprise sur lui. Le personnage, jusqu’à son apparence, est considéré comme un personnage fragile, susceptible, désœuvré et qui abandonne facilement son corps à ses émotions. Des traits caractéristiques qui lui valent le fait d’être considéré comme un objet visant à assouvir le plan de Complémentarité de l’Homme, mais aussi comme une gêne dû à ce manque de contrôle sur soi-même qui a valu la perte de l’humanité (cf. Evangelion 2.0).

Autre point à souligner, et ça ne tient que de mon hypothèse, il semble que Hideaki Anno tient à déstabiliser son public principal : la communauté de fans. Et pour y parvenir, il utilise ce scénario de manière à ce qu’elle ne s’y retrouve plus dans les bases qu’elle s’était instaurée ou remémorée, en partie grâce aux deux premiers film, en espérant peut-être que le spectateur s’identifierait mieux au personnage de Shinji et apprécierait les nouveautés apportées.

Evangelion 3.33 aborde des sujets qui suscitent un intérêt certain , sujets, qui n’ont probablement pas percuté tout le monde mais qui méritaient d’être introduits et détaillés calmement et sûrement afin de pouvoir clairement faire la transition avec le futur et dernier épisode. Mais là où ce film est vraiment percutant, pour reprendre ce mot, c’est évidemment sur le travail artistique et technique opéré.

Des prouesses techniques au paroxysme de l’animation japonaise

Fou est celui qui niera que ce film frôle la perfection en termes d’animation et de technique. Evangelion 3.33 débute sur une séquence d’introduction en images réelles et de synthèse très inspirée du Tokusatsu, accompagnée du logo de Ghibli arborant un rouge sanglant qui signe assurément une collaboration de qualité. La séquence pose l’ambiance et rappelle la catastrophe provoquée lors du deuxième épisode, le Troisième Impact. Un début de film exemplaire tant l’animation est d’un niveau cruellement élevé, et qui offre un spectacle terrifiant et éblouissant de la catastrophe.

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Asuka, charisme et beauté. What else ?

Cet avant-propos terminé, le film bascule vers ce qui est son domaine de prédilection, l’animation en deux dimensions. Une animation que l’équipe chargée du projet maîtrise à la perfection et dont elle repousse encore les limites en terme de fluidité de l’action, de techniques et de finesse artistique. Bien que cet épisode ne s’attarde que trop peu sur l’action, les quelques phases de combat ou demandant un certain dynamisme dans l’action laissent contemplatifs devant un spectacle d’une qualité rare. La direction artistique arrive agréablement à poser l’ambiance, offrir un travail remarquable et à accentuer l’histoire plus sombre et mature de cet épisode. De plus, elle contribue à sublimer des scènes fortes qui demandent d’obtenir un certain ressenti chez le spectateur. Les scènes de piano à quatre mains entre Shinji et Kaworu font le parfait exemple pour illustrer cette forme de beauté, sinon on peut rajouter la scène d’action dans l’espace qui est complètement renversante. Ajoutons à cela que les mouvements de caméra sont très bien maîtrisés, et renforcent l’immersion déjà mise en avant par le travail artistique et technique global mais qui ne peut être pleinement forte sans une bande-son de qualité.

Une bande-sonore orchestrale qui tient parfois du génie
[UTW-THORA] Evangelion 3.33 You Can (Not) Redo [BD][1080p,x264,flac][F2060CF5].mkv_snapshot_00.34.55_[2013.04.28_00.37.21]
L’une des meilleures séquences du film

La musique a toujours été un point important dans le cinéma, elle permet de donner une toute autre dimension à certaines scènes et à renforcer l’immersion. Comme sur une peinture en noir et blanc, elle y appose des couleurs pour lui donner et lui offrir l’ambiance qu’elle désire. Par conséquent, il était totalement inespérable que ce film Evangelion puisse se passer d’une bande-sonore de qualité tant il essaye d’imposer une ambiance définie, tout comme des thèmes matures. Et le constat est sans équivoque, la bande-sonore d’Evangelion 3.33 est clairement incroyable. Elle nous transporte au cœur de l’action, des émotions et d’une histoire. Les jeux de piano à quatre mains en duo entre Shinji et Kaworu, citée précédemment, tiennent de la jouissance auditive et technique. Une musique nommée « Quatre Mains (à quatre mains) » qui explique et illustre à elle seule la symbiose qui lie les deux personnages. D’autres thèmes orchestraux sont marquant, touchants, et réussissent à faire d’Evangelion, un film riche et profond. Une film qui s’achève sur une touche de tristesse avec une chanson signée par Utada Hikaru, célèbre chanteuse japonaise, fan de la série, ayant opéré sur les précédents épisodes, et portant le nom de « Sakura Nagashi ». Elle tient à approfondir la tristesse ressentie lors des dernières scènes touchantes du film, et celle de Shinji. Encore une fois, afin de rapprocher le public du personnage et de son état.

 

95

Magistral

QU’EST-CE QUE CA VAUT FINALEMENT ?

D’une qualité rarement vue dans le monde de l’animation japonaise, Evangelion 3.33 est un film à regarder quoi qu’il en coûte. Riche et profond vise à éclairer certains points de l’histoire, mais surtout prendre une véritable liberté narrative. Un tournant qui, malgré un mauvais accueil de quelques fans, a réussi à apporter de la plus valu, prendre des risques et offrir une nouvelle dimension à l’œuvre originale. Outre ce parti pris assumé, cet épisode mérite des critiques dithyrambiques car il apporte une richesse, une profondeur et un travail technique, artistique et musical unique dont la qualité le place au sommet de ce qui fait de mieux dans le domaine de l’animation. Evangelion 3.33 mérite le succès commercial qu’il a reçu, mais aussi de toucher un public plus large et qui ne connaît pas forcément cette œuvre qui est reconnue comme étant la meilleure depuis des années.