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Albator: le corsaire de l’Espace – Le film 3D

Récemment sorti pour les fêtes de Noël, Albator, ou Captain Harlock, fait partie de ces films d’animation qui arrivent à démontrer le savoir-faire des japonais en terme d’animation et à pénétrer le marché occidental. Le film s’est donc tapé l’affiche, ce 25 décembre en France, à côté de gros blockbusters telles que le Hobbit : la Désolation de Smaug. Bien évidemment, en tant qu’amoureux de la culture populaire japonaise, je n’ai pas pu résister à l’envie de voir ce film, réalisé par Shinji Aramaki, et je l’ai fait à deux reprises pour en venir à la chronique que je suis en train d’écrire, et vous de lire. C’est pas beau, ça ?

Mon Dieu, que ça en jette ! Et en 3D en plus !

Dans Albator, ça fuse de partout. Les batailles se perdent dans un cortège d’explosions et de tirs lasers oranges et bleues. Les plans et mouvements de caméra sont réussis, et procurent une certaine fluidité chère aux phases d’actions les rendant, ainsi, impressionnantes. Des effets de slow-motions apparaissent à plusieurs reprises et ce, non pas de manière anecdotique, mais avec un vrai travail de fond et de forme. Ces effets de ralenti permettent, en effet, d’accentuer la dimension épique des actions, mais aussi de la classe intersidérale, d’Albator. Pour un film d’animation, la 3D est vraiment belle et maîtrisée. L’immersion n’en est que renforcée, et permet à certains décors de prendre une ampleur bien plus importante. Des décors soignés qui laissent bien souvent contemplatifs. La citée abritant les chefs de la Coalition Gaia est époustouflante, et peut sensiblement rappeler l’architecture de Minas Tirith (avis aux fans du SDA). Toutefois, les expressions faciales de certains personnages peuvent parfois manquer de conviction et la technique d’animation du film n’a rien d’exceptionnelle. L’animation de Final Fantasy VII: Advent Children, sorti il y a déjà un moment, est clairement à un niveau égal, en terme de qualité d’animation, à ce film Albator. Outre ces détails-ci, cela n’entache en rien la qualité globale du film. Un vrai spectacle technique et visuel !

Scénario intéressant, mais pas que…

Concernant le scénario, mon constat est en demi-teinte. L’histoire se déroule après les évènements passés dans la série animée, et Albator est de retour à bord de l’Arcadia. Seulement ses ambitions sont totalement autres. Le corsaire de l’Espace ne cherche plus à protéger la Terre, ou du moins plus de la même manière. La planète est, en effet, aux mains de la Coalition Gaia et ne vit que dans l’ombre d’une illusion. Un groupuscule aux airs républicains qui cherche à empêcher Albator de mettre ses plans à l’œuvre. Mais si l’on place ce conflit politique et territorial en arrière-plan, de petites autres tensions viennent compliquer le conflit principal. Dans le fond, l’histoire est correcte, cohérente et l’intrigue se fait bien ressentir. Néanmoins, ce qui gêne, c’est bel et bien la façon dont les explications sur certains évènements ou prises de conscience sont apportées. C’est généralement vite expédié, et finalement on en sait pas plus. « Oh, Albator ! Je vais te tirer dessus, je suis un espion ! » « Libères toi des chaînes qui t’entravent.. » « *hésite* Je vais t’aider en fait ! » … J’exagère peut-être un peu, mais il y a réellement des scènes comme celle-ci. Et c’est dommage car le film aurait gagné en profondeur s’il avait été plus long et si les explications étaient plus pertinentes, ainsi ce petit arrière-goût amer aurait sûrement perdu de son intensité. J’aimerai beaucoup en dire plus mais je m’en irai dans le spoil, et cela serait vraiment dommage.

 

78

Bon

CONCRÈTEMENT, QU’EST-CE QUE CA VAUT ?

Si le film a réussi à percer en occident, ce n’est pas pour rien. Spectaculaire, soigné et poétique, Albator est un film qui se laisse voir et revoir. Shinji Aramaki montre encore une fois, à travers son œuvre cinématographique, que les japonais maîtrisent l’animation GG à la perfection, mais aussi la technologie 3D, qui n’a pas l’air d’avoir pris son pied au pays du soleil levant. Malgré des explications bien souvent trop floues, concernant certains évènements du scénario, le film se veut poétique et extrêmement dynamique. Et c’est réussi, car Albator est un film visuellement beau, mais sans plus, qui offre un spectacle démentiel comme le font si bien les japonais. Un bon film qui reste fidèle aux lignes directrices de l’anime et qui saura plaire à tous les publics, même les néophytes. Dommage que la qualité graphique semble un peu datée et que certains défauts tenant du détails viennent ternir l’ensemble de l’oeuvre.