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Resident Evil: Damnation, rébellion en Europe de l’Est

Après un épisode sorti en 2008 pas toujours très bien accueilli par la critique, Capcom décide de renouveler l’expérience du film d’animation avec Resident Evil : Damnation. Alors que Degeneration, épisode précédent, se déroulait un an après les faits de Resident Evil 4, ce volet de la saga se veut faire le lien avec le dernier jeu de la série en production, Resident Evil 6. Connue pour être beaucoup plus nerveux que horrifique, la série Resident Evil a perdu de une grosse part de sa crédibilité, et on ne peut pas dire que les adaptations hollywoodiennes lui aient fait honneur. Tant bien à travers ses jeux que ses films, Capcom semble vouloir renouer des liens avec ses fans en revenant aux sources de la série.

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Réalisé par Makoto Kamiya et produit par Hiroyuki Kobayashi, Resident Evil : Damnation prend place au cœur d’un conflit civil, en République Slave (Europe de l’est). Leon Scott Kennedy, envoyé par les États-Unis d’Amérique, arrive sur le terrain afin d’enquêter sur une possible détention d’armes bio-terroristes en possession de la rébellion. Durant sa nouvelle aventure, il y rencontrera de nouveaux alliés mais aussi un personnage emblématique de la série qu’il affectionne particulièrement (et moi aussi), Ada Wong.

Du bio-terrorisme, un conflit civil et une recette qui fonctionne

Autant le dire dès le début, le scénario de Resident Evil : Damnation n’est en aucun cas son point fort. Et c’est un point important que Capcom a du mal à renouveler avec sa série. Depuis quelques années, nous avons droit à la même et incessante rengaine du conflit étatique et de l’antagoniste amené à menacer la planète grâce au bio-terrorisme. D’autant plus que cela se fait énormément ressentir dans ses films. On peut se permettre de penser que cette mise en scène est plus anecdotique qu’autre chose, de sorte à ce que les personnages phares de la série puissent facilement trouver une raison d’intervenir sur le terrain.

306655Toutefois, il n’est pas mauvais pour autant. L’ambiance est posée dès le début, le conflit et les personnages qui y sont au cœur sont intéressants, et l’histoire gagne en intérêt grâce à son rythme et mise en scène léchées, et de nombreuses révélations. Les zombies, comme à leur habitude, sont plutôt bien introduits mais restent cloîtrés dans une certaine banalité, malgré la présence des plagas. D’ailleurs, là où Degeneration optait pour un retour du Némésis, cher aux nostalgiques de la première heure, Damnation ne semble pas déroger à la règle et choisir un monstre aux pouvoirs sur-développés aux dépends d’un ennemi principal plus charismatique et vil, à l’instar d’Albert Wesker. Il a tout de même le mérite d’apporter encore plus de rythme au film avant son dénouement. Finalement, la conclusion de l’histoire n’est pas terrible, et est qualifiable de « vite expédié » tel un vieux Big Mac qu’on vous fout sur le plateau après avoir attendu dix minutes. Un peu triste pour une fin qui était vraiment bien montée sur la forme.

Ouh, qu’il est pas beau le zombie ! Hein qu’il est pas beau !

La vraie force de Resident Evil : Damnation, c’est son animation en images de synthèse. La maîtrise de cette technologie est un véritable atout pour Capcom qui nous offre un film d’une fluidité renversante et au rendu global de très bonne facture. Les plans et jeux de lumières sont bien gérés, les décors et le physique des personnages excellents, et les mouvements des personnages en combats sont ahurissants, si bien qu’on se croirait dans le dernier film d’animation Tekken (cf. combat entre Ada et la présidente). Cependant, quelques détails viennent entacher l’animation globale du film.

ada_wong_resident_evil_damnation_by_classic_spartan_228-d5pg9mjLe film, malgré ses bons aspects, souffre en ce qui concerne la reproduction faciale. Les personnages de la série qui y sont introduits changent constamment d’un épisode à un autre, et perdent ici en cohérence. Notamment pour le cas d’Ada Wong sur certains passages. Autre point qui aurait pu être amélioré, c’est le travail sur les expressions faciales. Trop exagérées, simplistes et rigides par moments, elles manquent cruellement de réalisme et atténuent celui apporté film, et ce à notre grand désespoir. Toutefois, les équipes de Capcom, en charge de ce film, ont réalisé un travail de haut-niveau pour nous offrir un spectacle de haute tension qui laisse les points négatifs cités sur le banc de touche.

Resident Evil, c’est Rock’n Roll, baby !

La bande-son de Resident Evil : Damnation est plutôt bonne et correspond bien au rythme du film sans être transcendante. Les phases de combats en bénéficient, tout comme les phase un peu plus horrifiques. Les voix américaines sont fidèles aux personnages et à celles du jeu vidéo, et voire même excellente. Capcom a toujours eu de bons doubleurs pour ses productions, et la compagnie réitère encore une fois pour nous offrir un rendu digne de la série. Pour finir, le générique de fin est signé par la reine du rock japonais, à savoir Anna Tsuchiya. Là encore, la musique est dynamique, le rock d’Anna est toujours aussi jouissif et finit en beauté un film dont le rythme est sensiblement le même que sa musique. Encore un point pour le jeu sur le plan commercial et de la réalisation.

 

83

Honnête

CONCRÈTEMENT, QU’EST-CE QUE CA VAUT ?

Resident Evil : Damnation est un bon film qui dispose d’une animation aux petits oignons, une bande-son efficace et soignée, une histoire rythmée et à l’action survoltée. Toutefois, on regrettera quelques aspects un peu négligés sur les expressions faciales et un scénario déjà-vu. De plus, outre la présence de zombies, l’envie de Capcom de renouer avec les origines de la série ne se fait pas ressentir et c’est dommage. L’histoire en est réduit à devenir un simple film d’action plus ou moins fouillé. D’autant plus, il est triste de constater que l’horreur n’a pas une place plus importante durant des phases d’explorations plus calmes en début de film. Loin d’être le nouveau conciliateur avec la communauté de fans, ce film en images de synthèse, s’inscrivant officiellement dans la chronologie de la série, offre tout de même une jolie expérience qui envoie toutes les adaptations hollywoodiennes de la licence croupir dans les enfers du mauvais goût.

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