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Outlast, préparez les couches Pampers (PlayStation 4)

Le survival-horror est un genre vraiment atypique, non ? Bien qu’il soit avant-tout destiné à faire ressentir la peur et les autres émotions qui lui sont liées, il n’en reste pas moins varié. Bien souvent connu pour être jouable à la troisième personne, en partie à cause des Resident Evil et Silent Hill, le genre a connu une véritable évolution. Et bien entendu, OUTLAST en est le parfait témoin.

Note : A la différence de la version PC, celle destinée à la PlayStation 4, sortie il y a une semaine, a mis un peu plus de temps à voir le jour sur le PlayStation Store. La critique du jeu ne prendra donc pas en compte la version PC car il ne s’agit, ni plus ni moins, que d’un simple portage pour console.

Un jeu à l’ambiance horrifique et palpable…

Le jeu nous colle à la peau d’un journaliste américain qui infiltre un asile psychiatrique et semble vouloir enquêter sur les interventions douteuses qui y sont pratiquées tout en filmant l’intégralité de ce qu’il compte y découvrir. Même si le scénario gagne constamment en intérêt, grâce une intrigue qui se dévoile peu à peu, ce n’est pas ce qui lui permet principalement de se démarquer de la concurrence. Dans Outlast, tout repose essentiellement sur l’ambiance et la surprise.

Les développeurs du studio « Red Barrels » ont, en effet, énormément travaillé et soigné ce détail cher au genre. Dès le début du jeu, l’ambiance est posée. L’asile psychiatrique a de la gueule, et il ressemble vraisemblablement à une sorte de manoir mystérieux. Le genre de manoir qui vous met bien mal à l’aise dès que vous l’apercevez. L’idée de s’y aventurer paraît alors saugrenue, tandis que celle de faire demi-tour semble bien meilleure. Mais hélas, le choix n’est pas possible donc, comme un homme, on prend son courage à deux mains et on fonce tout droit, caméra à la main.

Très vite, l’ambiance nous enivre. Le jeu nous mène généralement à traverser des couloirs, parfois tâchés de sang, où les ampoules menacent de rendre l’âme d’un moment à l’autre ou encore une prison, mais aussi à faire la rencontre d’individus morts démembrés et imbibés dans une marre de sang, voire même des tarés nécrophiles qui n’hésite pas à rentrer la carotte dans le poulet mort en public (j’essaie de faire une jolie métaphore, vous m’voyez…). Mais ce n’est pas tout car dans Outlast, l’obscurité est pesante, voire carrément oppressante, et cela fait clairement son effet car celle-ci contribue à nous troubler dans notre avancée. Il est, effectivement, parfois difficile de se repérer dans l’asile, même en utilisant la vision infrarouge de notre caméra, tant l’impression d’être constamment suivi, ou en danger, est omniprésente. Tu cours, tu te caches, puis tu sors de ton trou et là, tu sursautes car un vieux cobaye te colle aux fesses accompagné d’une musique glaçante qui sonne le glas de ta partie étant donné qu’il veut te faire la peau. Le jeu, à défaut d’être déjà perturbant, joue de notre angoisse et s’en nourrit pour synthétiser la peur par la surprise. Simple, mais efficace.

10outlast

D’ailleurs, le gameplay du soft l’est tout autant. Celui s’axe sur un principe des plus simplistes : filmer. Une caméra est en votre possession mais sa batterie est limitée. Il vous faudra explorer toutes les pièces possibles afin d’y trouver de quoi alimenter votre appareil, sans quoi votre avancée se fera dans l’obscurité. Et ça, ce n’est pas très conseillé sachant que Miles, le journaliste, ne dispose d’aucune arme. Un détail assez regrettable car celui-ci est mené à traverser pas mal d’endroits où de nombreux éléments du décors auraient gagné à être utilisés en tant qu’armes de défense (barres de métal, ciseaux, couteaux, etc) mais non, au lieu de ça, il préfère subir comme un vieux sadomasochiste assumé ou courir comme une petite gazelle pourchassé par un lion affamé. Certes, le gameplay se base essentiellement sur cette faiblesse du personnage, présenté comme un anti-héros accompli à l’instar d’un personnage de Silent Hill ou d’Alone in the Dark, mais est-ce une excuse suffisamment valable pour couvrir ce sacrifice ? Les jeux susnommés jouait exactement dans la même cour en se nourrissant aussi des émotions du joueurs, pourtant l’utilisation d’armes blanche ou à feu ne créait aucun déséquilibre sur le travail d’ambiance. Toutefois, il est vrai que la situation est toute autre dans Outlast et il est difficile d’envisager une telle possibilité car le gameplay aurait rapidement été favorisé au détriment de l’ambiance. Les zombies et autres créatures peuvent réapparaître à volonté (ça se tient, quoi), mais pas les humains donc la peur qu’essaie d’instaurer et de maintenir le studio tout au long de son jeu se serait finalement estompée.

D’un point de vue graphique, Outlast est un joli jeu PlayStation 4, mais ce n’est pas non plus la claque graphique. Bon, il est vrai que le jeu est sorti depuis un bon bout de temps sur PC, mais il n’empêche que ce n’est pas ce qu’il y a de plus beau sur le marché. Disons que cela reste correct pour la nouvelle génération, et puis, bien évidemment, cela reste un portage. Au final, la modélisation des personnages, véhicules et quelques autres textures restent moyennes, quelques bugs pointent quelques fois le bout de leurs pixels, et l’apparence de certains personnages non-jouables se répète bien souvent. Outre ces défauts évidents, la direction artistique rattrape bien le coup et nous offre un mélange bien atypique entre le glauque religieux, le gore et les décors insalubres à l’extrême. Dans le même genre, Silent Hill et Forbidden Siren faisait ça très bien à une époque mais il est vrai que le fait que nous soyons à la première personne renforce beaucoup plus l’immersion et la sensation de malaise installée. Tout cela est complété, bien entendu, par une bande-son de qualité qui n’aura pour vocation que de sucer votre bien être telle une sangsue en manque de sa dose de sang. Oui, alors que vous penserez en avoir terminé et que plus personne ne vous collera aux fesses, la bande-son sera toujours là pour vous faire comprendre que le studio veut vous faire remplir la couche pas très propre que vous portez. Joli, non ?

86

Excellent

CONCRÈTEMENT, QU’EST-CE QUE CA VAUT ?

Entre trois mecs à poil, un prêtre taré, un chirurgien fêlé et quelques cobayes foutus, Outlast est un très bon jeu d’horreur qui joue avant-tout de son ambiance, plutôt que des prouesses graphiques et du gameplay. Un gameplay qui se veut, d’ailleurs, simple et efficace afin de permettre au joueur de trouver rapidement ses marques mais aussi de s’imprégner plus rapidement de cette ambiance réussie qui fait mouche dès les prémices du jeu. Outlast draine votre bien-être et se nourrit de votre angoisse afin de synthétiser la peur. Un des meilleures jeux d’horreur et d’ambiance de la génération actuelle.

6 comments:

  • J’ai pas été autant convaincu par ce Outlast pour ma part. Il souffre à mes yeux de la faiblesse de son level design ultra-dirigiste qui ne permet aucune surprise, et des décors gores un peu trop classiques pour le genre (du sang et des cavadres, il y en a partout dans tous les Survivals). L’ambiance (notamment sonore) est de très grande qualité et c’est le gros point fort du titre. Au delà de ça, c’est un Survival efficace, mais qui peine à surprendre et à faire peur sur le long terme. Un bon survival oui, mais très scolaire.
    Dernièrement, je lui ai largement préféré Amnesia ou Silent Hill Downpour 🙂

  • @Gag: Il est vrai que le level design est ultra-dirigiste mais, à mon sens, le jeu aurait vite perdu en intérêt à la longue contrairement à Amnesia. Quant aux décors gores, c’est une question de goût mais classique ne veut pas dire mauvais pour autant. Néanmoins, je te rejoins sur le fait que sur le long terme, le jeu peine un peu à recréer les sensations de la première.

    Silent Hill Downpour est vraiment pas mauvais par rapport aux épisodes qui l’ont précédé et qui commençaient à noyer la série. Je l’ai bien aimé contrairement à Amnesia avec lequel j’ai un peu de mal (j’ai simplement aimé le premier). 🙂

  • @Ess: Pas de problème, je rajouterai quelques photos plus tard. Merci pour ton avis. Je n’ai pas voulu rendre la lecture trop lourde pour ce coup-ci, les prochaines seront plus longues si ça dérange vraiment 🙂 !

  • Je demandais pas que le jeu soit plus long, juste mieux construit =) La linéarité et le dirigisme de l’ensemble fait qu’on ne se laisse plus berner par le jeu, on anticipe, et il ne nous surprend plus. On s’habitue à la structure et aux mécaniques. Je n’ai pas peur si je sais que je dois aller toujours tout droit et que je n’ai rien à chercher à par dans les zones « cache-cache ».
    Non classique ne veut pas dire mauvais ! Au contraire, c’est même vraiment très très bien. Et efficace. Mais vu que c’est classique pour le genre, je n’ai ici non plus pas été surpris par le jeu. A part dans les deux premières heures de découverte bien sûr ! C’est là qu’on appréhende le plus et qu’on flippe au moindre bruit ^^
    Je n’ai pas encore fait Amnesia 2, mais je le connais de réputation ^^
    En tout cas je l’avais pas dit, mais sympathique review !

  • C’est pas faux, je suis d’accord 🙂 C’est d’ailleurs sur ces points-là que les premiers Resident Evil et Silent Hill réussissaient à maintenir l’angoisse et la surprise. Forbidden Siren était, à mon sens, bien plus original en termes de concept et de mécaniques.

    Je n’ai pas longtemps joué à Amnesia 2, mais je trouve que la licence s’essouffle à chaque épisode en plus. Même si l’ensemble est maitrisé, bien entendu. De même pour Slender… ^^’ Pour le coup, c’est un avis purement subjectif !

    Merci beaucoup !

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