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Gankutsuou : Le comte de Monte Cristo – Une parfaite réécriture d’un grand roman

Gankutsuou : le comte de Monte Cristo, est un anime qui fut diffusé d’Octobre 2004 à Mars 2005 et réalisé par Mahiro Maeda qui a notamment travaillé sur des films tels que Nausicaä de la vallée du vent, Porco Rosso ou encore sur la séquence animée du film de Quentin Tarantino : Kill bill, dans tous ces exemples en tant qu’animateur clé. Il travaille sur Gankutsuou chez le très célèbre studio d’animation Gonzo. Cet anime pour le moins original est une adaptation de l’excellent roman d’Alexandre Dumas datant de 1844 : Le comte de Monte Cristo.

La réécriture d’une histoire exceptionnelle

Pour ceux qui n’auraient pas lu l’œuvre de Dumas, que je ne saurais que vous conseiller si la lecture ne vous rebute pas, voici un très bref résumé de l’histoire. Le roman raconte l’histoire d’un jeune marin nommé Edmon Dantès qui a tout pour être heureux : une fiancée sublime nommée Mercédès et une brillante carrière toute tracée en tant que capitaine d’un fameux navire. Mais cette réussite existentielle suscite la jalousie de ses amis qui vont le trahir en complotant contre lui, ce qui l’amènera à être envoyé au terrible château d’If, dans lequel il restera captif durant quatorze ans avant d’enfin réussir à s’échapper. De retour à la liberté, il n’aura plus qu’une idée en tête, se venger de ses trois anciens amis : Fernand Mondego, qui sera devenu le comte de Morcerf, pair de France et qui aura épousé la belle Mercédès en lui persuadant qu’Edmond est mort ; Danglars, devenu un banquier doté d’une richesse incroyable et enfin Gérard de Villefort, procureur du Roi à Paris. Bien sûr, c’est grâce à la dénonciation du jeune Dantès que ces trois personnages ont réussis à être si bien placés sur l’échelle de la société.

Pour se venger, Edmond Dantès commencera par retrouver un trésor, ce qui lui procurera une richesse ô combien conséquente et ensuite, changera d’identité, prenant celle du comte de Monte Cristo pour pouvoir tromper ses anciens amis l’ayant trahi quatorze années plus tôt. Je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture de ce roman pour ceux qui ne l’ont pas lu.

cristo83xPassons donc maintenant à l’histoire de Gankutsuou, qui n’est pas la retranscription du roman original mais qui a l’audace d’être une véritable réécriture. Tout d’abord, le cadre spatio-temporel change complètement. Nous ne sommes plus dans une France du XIXème siècle mais dans un futur lointain où le voyage sur la Lune se fait de manière tout à fait naturelle et où les vaisseaux existent. Le Comte de Monte Cristo en science fiction, original non ? Malgré ces changement, le tout reste très cohérent, de par la représentation fidèle de la vie mondaine et aussi de celle la France de cette époque. Les vêtements des personnages, l’architecture des bâtiments, tout ceci reste fidèle au cadre du roman.

L’anime va encore plus loin en ne racontant pas l’histoire du point de vue du comte, comme dans l’oeuvre originale, mais de celui du jeune Vicomte Albert de Morcerf, fils de Mercédès et du comte de Morcerf. L’intrigue ne débute pas au début du roman, mais au moment où Albert rencontre le comte, ici sur la lune après un opéra. Il est donc très intéressant de voir la manière dont le comte va évoluer d’un autre point de vue que le sien. Nous nous attachons, comme dans le roman, à ce personnage mais cet attachement n’est pas le même que celui que nous pouvons ressentir en lisant le roman, de par ce changement de narration. De plus, l’anime ne commence pas là où le roman commence.

Au niveau du scénario, c’est un sans faute pour Gankutsuou. La relation entre le jeune vicomte de Morcerf et le mystérieux comte de Monte Cristo est réalisée de manière intélligente, plus les épisodes se succèdent et plus l’histoire devient prenante, les péripéties, mettant en scène des personnages ayant chacun leur propre personnalité, sont nombreuses et passionnantes. Gankutsuou n’oublie pas de faire réfléchir le spectateur sur des sujets divers comme des questionnement sur le bien et le mal, la corruption, l’amitié, la confiance, etc.

Des choix artistiques audacieux

L’aspect graphique de Gankutsuou peut rebuter certains au premier abord, personnellement, il m’a plutôt très agréablement surpris au début et émerveillé par la suite. Nous sommes, dès les premières minutes, plongés dans un univers aux mille couleurs, toutes plus vives les unes que les autres. Les vêtements des personnages n’ont pas de plis, ils ont comme motifs des sortes de textures, comme s’ils faisaient partis des décors, ceci se retrouvant aussi au niveau des cheveux. Il est très dur de mettre des mots sur ce choix artistique, les images parleront donc d’elles même et vous donneront une idée de ce que vous pouvez trouver dans l’anime. Ces choix et ce festival de couleurs vives n’arrachent cependant pas à l’histoire son aspect très sombre, voire sinistre. D’ailleurs, quand l’anime donne la part belle à la tristesse ou à l’inquiétude, les décors se trouvent être plus sombres, les couleurs deviennent plus ternes, allant parfois même jusqu’à laisser leur place au noir et au blanc.

artPour moi, l’aspect graphique de Gankutsuou est parfait, mais ceci est très subjectif, les choix artistiques des créateurs ne plairont pas à tout le monde. On peut par ailleurs observer un certain manque de détails, en particulier au niveau des visages, mais ceci ne m’a en rien gêné devant le visionnage de cette série. D’ailleurs, les détails ne sont-ils pas que des artifices, des accessoires pour appâter la pupille du spectateur ? Gankutsuou s’est bien gardé d’en utiliser pour nous plonger dans un univers d’une beauté véritable et sans pareil.

Une bande son au même niveau que le reste de la série : magnifique

La musique reflète parfaitement le reste de l’anime. En effet, nous disions précédemment que c’était une réécriture d’un roman se déroulant au XIX ème siècle version science fiction. La musique garde en elle ce principe. Les compositions de Jean-Jacques Burnel, fameux rockeur anglais lié de manière prononcée à la France, explorent différents genres, rendant le tout quelque peu hybride, oscillant entre des sonorités modernes, qui renforcent le versant futuriste. Elles sont souvent jouées au synthétiseur, au clavier, mais aussi à la guitare, basse, batterie, etc… Et des sonorités plus classiques, se rapprochant plus de l’œuvre originale, avec des thèmes interprétés par un orchestre symphonique ou au piano et parfois même accompagnés par un chant d’opéra, comme dans le morceau  Monte Cristo  magnifique et probant exemple de ce mélange des genres dans la série. La musique renforce donc la cohérence générale de l’anime et nous rappelle bien à un moment que le tout se déroule en France avec le morceau  Waltz  , chanté en français par Jean-Jacques Burnel, que nous pouvons aussi entendre dans We were lovers  , l’opening de la série.

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Certains morceaux vont accentuer certaines émotions comme la tristesse, la nostalgie, la mélancolie, alors que d’autres intensifieront l’aspect spectaculaire et théâtrale de quelques passages teintés de révélations, d’action ou de stress par exemple. D’autres thèmes sont quant à eux plus discrets et se contente d’accompagner agréablement le déroulement de l’anime.

96

Culte

CONCRÈTEMENT, QU’EST-CE QUE CA VAUT ?

Gankutsuou, pour faire simple, est ma série d’animation favorite. Elle fut pour moi un véritable coup de cœur. Réécriture audacieuse d’un excellent roman, elle a su rester cohérente et même apporter quelque chose à l’œuvre originale. La musique est parfaite et touchante, les doublages sont de qualité, le style graphique original, envoûtant et magnifique, le scénario exceptionnel et intelligent, bref, si vous ne l’avez pas vu, jetez vous sur cet anime. Si vous l’avez vu ? Revisionnez la, encore et encore, comme j’ai pu le faire, toujours avec la même dose de plaisir et d’admiration.  On dit que rien n’est parfait, et bien, à mon humble avis, cet anime l’est.

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