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Charlotte, voyage au coeur d’une science aux pouvoirs magiques

Charlotte est une adaptation animée du manga « Charlotte The 4-koma : Seishun o kakenukero ! » de Haruka Komowata édité par ASCII Media Works. Cette production animée résulte de la collaboration entre les studios Aniplex (Gintama, D.Gray Man, Full Metal Alchemist, …), P.A. Works (Angel Beats!, Another, Professeur Layton et la Diva éternelle, …) et Key Visual Arts (Kanon, Air, Clannad, …) célébrant le 15ème anniversaire de ce dernier. Ajoutons à cela qu’il s’agit par ailleurs d’une production originale du grand Jun Maeda, considéré comme l’un des pionniers du Visual Novel. C’est donc en juillet, cette année, que celle-ci fut diffusée sur la chaîne japonaise Tokyo MX et en simulcast dans notre contrée par le biais de Wakanim.

Code Geass: Hangyaku no Lelouch, la rébellion est en marche

Sunrise est un studio connu pour être à l’origine de séries d’animation japonaise très portées sur l’univers bien particulier du mecha, dont l’illustre et ultra-populaire licence Gundam. En 2006, celui-ci nous propose une nouvelle série originale dignement nommée « Code Geass » qui repose, pour la première fois, sur la collaboration entre les studios Sunrise et Clamp (XXXHolic, Cardcaptor Sakura, Gate 7, …).
La série débute donc sa diffusion avec un premier épisode sorti le 5 octobre 2006 au Japon et s’étend sur deux saisons de vingt-cinq épisodes jusqu’à septembre 2008. Le succès de Code Geass mena de nombreux auteurs à se concentrer sur des adaptations et spin-offs mangas, ainsi qu’à des films d’animation, produits par le studio Sunrise, encore en production à l’heure actuelle et dont on reparlera dans une autre critique.

 

 

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Si ne pas avoir de pouvoir est mal, en avoir signifie-t-il être juste ?

 

Code Geass nous plonge au cœur de l’Empire de Britannia où la politique dictatoriale menée par les hautes-autorités a réveillé un véritable conflit civil entre le peuple opprimé des Elevens et celui des Britanniens. Lelouch Lamperouge, protagoniste de l’histoire, est un étudiant brillant de l’académie Ashford où il vit avec Nunally, sa pauvre sœur aveugle qu’il chérit. Celui-ci vit une vie plutôt normale jusqu’au jour où une rencontre va chambouler tout son mode de vie. Suite à un terrible événement, il rencontre C.C, une fille mystérieuse aux cheveux verts arborant un étrange signe sur son front, qui lui remet un pouvoir : le « Geass » ; alors que sa vie est en danger. Ce pouvoir antique lui confère la possibilité de prendre emprise sur les Hommes par un simple regard dans les yeux. Lelouch sent ainsi que ce pouvoir est l’occasion rêvée pour lui de concrétiser un rêve qui lui était impossible jusqu’ici : recréer un monde de paix pour sa sœur.

L’histoire commence ainsi et semble tout à fait banale, d’autant plus qu’elle n’est pas sans rappeler un certain Death Note. Toutefois, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué car derrière ce pitch vraiment simpliste se cache un scénario extrêmement bien ficelé et terriblement efficace.Au fur et à mesure que nous progressons dans l’histoire, la personnalité des personnages va évoluer, des cercles, ainsi que des relations, vont se créer et un véritable affrontement, tant psychologique que physique, va exploser. Les dons intellectuels de Lelouch dévoileront finalement sa nature manipulatrice et son désir de contrôle qui le mèneront à établir avec finesse des plans stratégiques extrêmement développés afin de remporter sa bataille. De plus, les pouvoirs du Geass et les secrets qu’il recèle amèneront de nombreux questionnements à la lumière et en laissera d’autres dans l’ombre entraînant ainsi un sentiment de frustration qui nous conduit à faire travailler notre raisonnement.

 

Au delà de la guerre idéologique, Code Geass est aussi un récit profondément touchant et plein de richesses. L’anime permet de toucher à des thèmes tels que l’amitié, la trahison, le sacrifice, l’amour et bien d’autres qui permettent à celui-ci de créer un scénario solide plein de rebondissements. D’autre part, le casting de la série est particulièrement intéressant : chaque personnage dégage un charisme naturel qui le rend attachant et auquel nous pouvons nous identifier. De nombreuses personnes ont longtemps comparé Lelouch Lamperouge à Light Yagami (Death Note), or il est clair que les convictions et le passé de ce dernier le rendent moins noble que le héros de Code Geass.

 

Au final, l’ampleur de l’histoire et des évènements qui la composent ne cesse de croître tout au long des cinquante épisodes, et c’est au cœur de l’action -à coups de méchas- et de la réflexion constante qu’elle s’envole pour pour nous offrir un spectacle rare et sans faille qui nous tient constamment en haleine.

 

 

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« Ceux qui s’approprient le pouvoir de tuer sont ceux qui doivent le plus s’attendre à mourir »

 

L’une des singularités du projet Code Geass repose sur son style graphique dessiné par Clamp. Le studio, bien connu dans le monde de l’animation japonaise, est effectivement reconnaissable grâce aux traits androgynes de ses personnages. Généralement, ceux-ci arbore bien un corps frêle et des traits faciaux très fins qui cassent avec la grosseur de leurs yeux, mais qui leur donne une certaine classe indéniable. Toutefois, lorsque l’on regarde du côté d’autres animes ancrés dans l’univers du mecha comme FullMetal Panic et Gundam Seed, nous nous attendons à voir des personnages qui colleront facilement à l’image imposante et très masculine du mecha de base. Dans Code Geass, ce n’est pas trop le cas mais bizarrement, le mélange des genres donne quelque chose d’atypique qui tend à rendre l’univers bien plus singulier car les personnages nous apparaissent beaucoup plus sensibles et humains dans le corps métallique et viril du mecha. D’ailleurs, Sunrise a apporté un soin particulier à ces entités, ici appelées « Knightmare Frames » (jeu de mot entre « knight » qui signifie « chevalier », et « nightmare » qui veut dire « cauchemar » dans la langue de Shakespear), en créant des machines au design très classe, original et propre.

L’autre particularité de l’anime est son univers et sa direction artistique. Les séries d’animation japonaise nous placent souvent dans un univers ancré profondément dans la culture japonaise. Un fait qui se ressent directement dans le mode de vie des personnages, mais aussi les architectures. Dans Code Geass, il a été décidé de casser avec cette banalité morose et de s’inspirer ailleurs que dans l’archipel nippone. L’anime jouit en effet d’inspirations européennes, et plus particulièrement françaises, tout en gardant cette partie d’intégrité japonaise. Britannia (nom latin de la Grande Bretagne) est un empire qui respire l’influence européenne comme l’académie Ashford qui ressemble de manière improbable au château de Versaille. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que les dirigeants de cette nation impériale se sont vus attribués des noms aux origines européennes tels que Clovis, Charles, Luciano ou encore Marianne. Nous remarquons que l’anime puise directement ses références dans l’histoire française pour alimenter son contenu.

 

Cependant, le Japon ne perd pas sa place puisque dans l’histoire, son peuple est vu comme opprimé par la puissance britannienne. Nommés les « Elevens », ces individus vivent sous la tyrannie de l’empire Britannien et vivent dans l’espoir de retrouver un mode de vie décent. Ainsi, contrairement aux britanniens, ces habitants ne rayonnent pas et sont perçus comme des êtres pauvres. Leurs vêtements diffèrent complètement et leur habitat aussi. La beauté des architectures est alors remplacée par des bâtisses dévastées que nous pourrions assimiler à un champ de bataille. L’équipe créative a bien insisté sur les différences entre les deux populations afin de pouvoir faire immédiatement la distinction. Et cela est très réussi car d’un univers à un autre, nous passons de belles et vives et d’une aura radieuse à une aura sans éclat et des couleurs sombres et fades.

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« La destruction est nécessaire avant la reconstruction »

Concrètement, Code Geass est un bon mélange entre deux univers graphiques très distincts qui sait offrir une réalisation de qualité. L’animation est fluide, notamment en combat, et la mise en scène est incroyable. La sensation de vivre un réel combat pour les idéaux de Lelouch se fait clairement ressentir. Les inspirations européennes et japonaises, dans lesquelles l’anime vogue, lui permettent de casser avec ce que le monde de l’animation japonaise a l’habitude de nous servir et de trouver une originalité artistique qui rend l’œuvre encore plus unique. Je trouve simplement dommage que les opening soient aussi cheap…

La bande-sonorede Code Geass, quant à elle, est juste jouissive. Les musiques correspondent parfaitement à l’univers royale de l’anime et se baladent entre sons orchestraux et jolies balades utilisant des instruments plus naturels et variés que ce qui se fait habituellement dans le milieu. Notons d’ailleurs que le groupe de pop-rock japonais « Flow » a énormément contribué au travail musical de l’œuvre en proposant deux openings dynamiques et sympatoches, mais l’artiste qui se rapproche beaucoup plus de l’ambiance générale de Code Geass, c’est Ali Project. L’artiste proposa deux ending dynamiques et plutôt agressifs pour l’anime qui colle parfaitement aux thématiques du royalisme et de la souveraineté. Ali Project est connu pour son univers et son jeu de sonorités très particuliers, c’est pour cela que je pense que le choix porté sur cette artiste fut l’un des meilleurs à mes yeux. L’harmonie créée entre la direction artistique et la bande-son est un franc succès.

Quant au doublage, oubliez les voix françaises et passez directement au japonais. Je ne dis pas ça car je suis un puriste, je respecte bien évidemment le choix des individus préférant les voix françaises, toutefois il serait coupable de visionner cet anime en français. Le travail de doublage qui a été effectué sur cette œuvre est juste ahurissant. Tout est bon : les intonations de certains passages vous feront vibrer (ALL HAIL BRITANIA ! C’est juste terrible, on se croirait dans 300, les gars.), l’émotion y est sincèrement retranscrite (je vous renvoie à l’épisode de fin) et le professionnalisme reconnu du métier de seiyū se sent véritablement. Et encore une fois, ce n’est pas un avis mais un fait.

All hail Lelouch !

Code Geass, malgré ses quelques années d’ancienneté, est un anime à voir et à revoir. L’animation y est fluide, l’univers y est atypique et singulier, et la bande-originale y est juste magnifique. Le scénario de l’œuvre est ficelé avec finesse et sans faille. L’ampleur des évènements qui le composent ne cesse de croître au fur et à mesure nous tenant en haleine grâce à de nombreux rebondissements et des personnages psychologiquement très travaillés. Ce fruit de la collaboration entre Sunrise et Clamp est une véritable réussite qui se positionne probablement parmi les meilleurs animes de la dernière décennie. Aucune excuse n’est valable si vous avez raté ce fleuron de l’animation japonaise.

Le vent se lève – Ces rêves qui vous poussent vers l’avenir

Annoncé comme le dernier film de Hayao Miyazaki (Voyage de Chihiro, Mon voisin Totoro, Ponyo sur la falaise, …), célèbre réalisateur des studios Ghibli, « Le vent se lève » (Kaze Tachinu) fut attendu avec un énorme enthousiasme par le monde entier. Sorti le 22 janvier dans les salles obscures françaises, le film fut très bien accueilli par la presse et reçut de nombreuses éloges. Des remarques dithyrambiques qui témoignent de la passion, du savoir-faire et de l’amour que Miyazaki a oeuvré dans ce travail faisant office d’hommage à Jiro Horikoshi.

Avant-propos concernant le film et son réalisateur

Lors de sa sortie en Asie, le film « Le vent se lève » a été au centre de quelques polémiques à l’encontre des thèmes abordés s’attaquant parfois à Miyazaki. Les deux pays à avoir soulevé ces vagues de polémiques sont le Japon, et la Corée du Sud.

La population japonaise est bien connue pour être très, voire trop, patriotique. Les japonais aiment leur pays, se repose énormément sur leur propre marché au dépend de l’international, et n’hésitent pas à montrer cet amour nationaliste (ils ne sont pas tous comme ça, attention). Alors, bien évidemment, quand un japonais fait quelque chose qui échappe à leur raisonnement ou ne met pas son pays en valeur, c’est mal. Le Japon étant une île, il souffre du syndrome de l’infériorité et cherche à se complaire dans un idéalisme de supériorité à travers les produits issus de son marché (d’après mon professeur de japonais, lui-même japonais). Le réalisateur a donc été victime d’une vague de propos à son égard le dénonçant comme étant un homme « anti-patriotique ».

En Corée, l’affaire est tout autre. Le film y est vu comme une apologie de la guerre vantant ainsi ses méfaits. Le Japon n’a pas toujours été en de bons termes avec son voisin coréen (et il ne l’est toujours pas… de nombreuses écoles coréennes apprennent aux enfants que le Japon est leur ennemi et qu’il est à haïr), et peut-être bien que cette façon de voir « Le vent se lève » comme tel est le fruit de ces tensions continuelles.

Le film fut très bien accueilli en occident, et cela prête à penser que la critique peut rapidement devenir subjective si une œuvre ne satisfait pas l’ego d’un peuple, ou si son message est mal interprété. Mais bien évidemment, cela ne tient que de ma pensée personnelle.

Un récit poétique où les rêves prennent leur sens

Dans son œuvre, Hayao Miyazaki aborde de nombreux thèmes avec une grande maturité mêlée à une naïveté infantile assumée qui ont souvent fait la force de ses travaux. Le rêve en est un, et il représente l’essence-même du film. Jiro est, en effet, un jeune homme talentueux et passionné qui ne vit que pour son rêve : celui de créer des avions comme Giovanni Caproni qu’il admire et qu’il rencontre souvent dans son sommeil.

Ce monde de songes semble être lié au monde réel, mais en fait, il ne s’agit que du jardin secret de Jiro. Là où les choses qui lui sont les plus chères se trouvent (ses espoirs, ses rêves, son amour, …). Un monde merveilleux bien loin de la réalité qui, elle, vit un conflit. Le Japon est, effectivement, entré en guerre et subi aussi de nombreuses catastrophes naturelles (séismes et incendies) qui ravagent tout sur leur passage. D’ailleurs, Miyazaki ne se tient pas à une image simple de la catastrophe naturelle, mais plutôt à une vision cauchemardesque qui tend à réellement renforcer son aspect dramatique et tragique. Une manière de la représenter qui se veut révélatrice de l’ampleur des dégâts qu’elle occasionne au delà de sa simple manifestation, et ce n’est pas sans rappeler la funeste catastrophe japonaise de mars 2011.

Malgré tout, Jiro rêve toujours de pouvoir créer les avions qu’il ne cesse de dessiner de jour en jour. Ce rêve si fort lui permet d’avancer, d’intégrer une puissante entreprise en aéronautique et de rencontrer de nombreux individus, dont celle qui deviendra sa femme. Le désir de connaissance continuel et les fortes ambitions éprouvées par Jiro peuvent être vues comme une apologie de la science qui, elle même, n’est autre qu’une quête vers le savoir. Travailler pour pouvoir vivre ses rêves, et non rêver sa vie. C’est un peu ce que veut faire comprendre Miyazaki au travers de son ultime chef d’œuvre dans lequel il y appose son empreinte et sa science: « Le vent se lève » est son dernier testament.

 

92

Magnifique

CONCRÈTEMENT, QU’EST-CE QUE CA VAUT ?

Le vent se lève est un récit poétique et mature où se mêlent la passion, l’amour, la fascination et un combat pour la vie mais aussi contre la fatalité du destin. Une maturité à laquelle se rajoute une pointe de naïveté, de joyeuseté et d’innocence qui contraste avec des thèmes bien plus durs abordés et qui permet de rendre l’œuvre accessible à un plus large public. Les enfants y verront une jolie histoire pleine de valeurs et moralisatrice, tandis que les adultes cerneront bien plus la maturité qui se cache dans le fond et verront probablement le film comme une œuvre romantique, musicalement riche et passionnante mais aussi, et surtout, un magnifique hommage au créateur du Mitsubishi A6M Zero.

La traversée du temps – Le voyage temporel revisité

La traversée du temps (Toki wo Kakeru Shōjo) est un film d’animation japonais sorti en juillet 2006 au Japon et un an plus tard, en juillet 2007 en France. Il est produit par le célèbre studio Madhouse, auteur notamment des séries Btooom! et Highschool of the Dead. Cette production a marqué le tournant de la carrière de son réalisateur, Mamoru Hosada. Elle lui permettra d’acquérir une certaine notoriété et de produire par la suite des long-métrages tels que Summer Wars et Les Enfants loups, Ame et Yuki.

La traversée du temps est la suite d’une nouvelle japonaise extrêmement populaire de Yasatuka Tsutsui. L’histoire originale suit les avantures de la tante de Makoto, qui vécut une expérience similaire durant sa jeunesse. Le lien entre les deux oeuvres n’est pas forcément évident pour le public français, mais les deux histoires se chevauchent.

Time waits for no oneTime waits for no one

La traversée tu temps suit l’histoire d’une jeune fille dénommée Makoto et de ses amis Kosuke et Chiaki. A eux trois, ils forment un trio qui passe son temps à jouer au baseball. Makoto est une fille assez excentrique, masculine et tête en l’air. Elle ne fait pas réellement attention à ce qui se passe autour d’elle, et se retrouve souvent dans des situations délicates. Ce quotidien malchanceux, elle le vit sans se soucier de quoi que ce soit.

Le thème du long-métrage est le voyage temporel. Découvert par Makoto, ce moyen de remonter le temps transformera son quotidien malchanceux en une succession de réussites et de moments forts. Dans un premier temps, la jeune fille s’amuse de ses nouvelles libertés, et en profite pour revivre des dizaines de fois les meilleurs moments de ses journées. Ces rapides allers et retours dans le temps vont petit à petit amener de grands changements dans la vie de Makoto. Ses actes vont avoir des conséquences de plus en plus importantes et les dégâts collatéraux vont l’obliger à revivre plusieurs fois la même scène pour corriger ses erreurs. La jeune fille va sentir le poids de ses choix sur ses épaules, et les résultats de ses expériences vont lui ouvrir les yeux sur certaines choses.

Jouer avec le temps est un acte immoral

On ne tarde pas à découvrir la morale de l’histoire : jouer avec le temps est un acte immoral, et l’auteur finira un jour ou l’autre par être puni. C’est alors que le ton du film change radicalement. On passe d’un univers joyeux et coloré à des notes de piano lourdes, des plans tristes, tragiques. Mais le véritable problème du film ne réside pas là ; s’il s’était achevé sur cette révélation destructive, ma note aurait été bien plus haute.

Cependant, là où l’oeuvre trouve son charme, là où on se dit « Tiens, un long-métrage pour ados finalement crédible », tout s’écroule. Mamoru Hosada tente, veinement, de donner une suite de vingt longues minutes à son histoire finalement pas si mal. Ces vingt minutes laborieuses tenteront de nous offrir une « Happy End » et de nous délivrer un second message puéril et illogique : toutes les erreurs sont réparables. Vingt minutes finales qui feront de ce très bon film un simple blockbuster tokyoïte.

Les décors sont tout à fait honnêtes. Sans partir dans les plans « carte postale » de notre ami Shinkai dans Le jardin des mots, ils restent attractifs et très colorés. Le character design est quant à lui sobre. Et ce n’est pas plus mal : on nous épargne donc les personnages aux coiffures extrêmes et aux déguisements surchargés. Ici, place à la simplicité. C’est un peu ce qu’on apprécie principalement dans le travail de Yoshiyuki Sadamoto.

S’ajoute à cela la légèreté de la bande son, principalement composée de notes de piano. Kiyoshi Yoshida, compositeur que l’on connait très peu, réalise finalement un travail de qualité. On retrouve des morceaux mélodieux et enjoués, puis funestes et tragiques. Une bande-son qui sait se faire discrète et apporter sa touche de simplicité à l’œuvre.

 

UN DERNIER MOT POUR LA FIN ?

74
Pas mal

Une histoire touchante qui traite de la jeunesse d’une manière plutôt juste. Même si le thème du voyage temporel est vu et revu, La traversée du temps sait se faire apprécier par sa simplicité et la complicité des personnages. Cependant le film s’éternise. Là où on le pensait achevé d’une manière très cohérente, il nous offre vingt minutes supplémentaires qui n’ont, en réalité, pas lieu d’être. Heureusement, cette erreur est comblée par une qualité de réalisation très fine, simple et incroyablement efficace. Une note qui aurait pu être vraiment plus haute si Hosada avait su s’arrêter quand il le fallait.

Albator: le corsaire de l’Espace – Le film 3D

Récemment sorti pour les fêtes de Noël, Albator, ou Captain Harlock, fait partie de ces films d’animation qui arrivent à démontrer le savoir-faire des japonais en terme d’animation et à pénétrer le marché occidental. Le film s’est donc tapé l’affiche, ce 25 décembre en France, à côté de gros blockbusters telles que le Hobbit : la Désolation de Smaug. Bien évidemment, en tant qu’amoureux de la culture populaire japonaise, je n’ai pas pu résister à l’envie de voir ce film, réalisé par Shinji Aramaki, et je l’ai fait à deux reprises pour en venir à la chronique que je suis en train d’écrire, et vous de lire. C’est pas beau, ça ?

Mon Dieu, que ça en jette ! Et en 3D en plus !

Dans Albator, ça fuse de partout. Les batailles se perdent dans un cortège d’explosions et de tirs lasers oranges et bleues. Les plans et mouvements de caméra sont réussis, et procurent une certaine fluidité chère aux phases d’actions les rendant, ainsi, impressionnantes. Des effets de slow-motions apparaissent à plusieurs reprises et ce, non pas de manière anecdotique, mais avec un vrai travail de fond et de forme. Ces effets de ralenti permettent, en effet, d’accentuer la dimension épique des actions, mais aussi de la classe intersidérale, d’Albator. Pour un film d’animation, la 3D est vraiment belle et maîtrisée. L’immersion n’en est que renforcée, et permet à certains décors de prendre une ampleur bien plus importante. Des décors soignés qui laissent bien souvent contemplatifs. La citée abritant les chefs de la Coalition Gaia est époustouflante, et peut sensiblement rappeler l’architecture de Minas Tirith (avis aux fans du SDA). Toutefois, les expressions faciales de certains personnages peuvent parfois manquer de conviction et la technique d’animation du film n’a rien d’exceptionnelle. L’animation de Final Fantasy VII: Advent Children, sorti il y a déjà un moment, est clairement à un niveau égal, en terme de qualité d’animation, à ce film Albator. Outre ces détails-ci, cela n’entache en rien la qualité globale du film. Un vrai spectacle technique et visuel !

Scénario intéressant, mais pas que…

Concernant le scénario, mon constat est en demi-teinte. L’histoire se déroule après les évènements passés dans la série animée, et Albator est de retour à bord de l’Arcadia. Seulement ses ambitions sont totalement autres. Le corsaire de l’Espace ne cherche plus à protéger la Terre, ou du moins plus de la même manière. La planète est, en effet, aux mains de la Coalition Gaia et ne vit que dans l’ombre d’une illusion. Un groupuscule aux airs républicains qui cherche à empêcher Albator de mettre ses plans à l’œuvre. Mais si l’on place ce conflit politique et territorial en arrière-plan, de petites autres tensions viennent compliquer le conflit principal. Dans le fond, l’histoire est correcte, cohérente et l’intrigue se fait bien ressentir. Néanmoins, ce qui gêne, c’est bel et bien la façon dont les explications sur certains évènements ou prises de conscience sont apportées. C’est généralement vite expédié, et finalement on en sait pas plus. « Oh, Albator ! Je vais te tirer dessus, je suis un espion ! » « Libères toi des chaînes qui t’entravent.. » « *hésite* Je vais t’aider en fait ! » … J’exagère peut-être un peu, mais il y a réellement des scènes comme celle-ci. Et c’est dommage car le film aurait gagné en profondeur s’il avait été plus long et si les explications étaient plus pertinentes, ainsi ce petit arrière-goût amer aurait sûrement perdu de son intensité. J’aimerai beaucoup en dire plus mais je m’en irai dans le spoil, et cela serait vraiment dommage.

 

78

Bon

CONCRÈTEMENT, QU’EST-CE QUE CA VAUT ?

Si le film a réussi à percer en occident, ce n’est pas pour rien. Spectaculaire, soigné et poétique, Albator est un film qui se laisse voir et revoir. Shinji Aramaki montre encore une fois, à travers son œuvre cinématographique, que les japonais maîtrisent l’animation GG à la perfection, mais aussi la technologie 3D, qui n’a pas l’air d’avoir pris son pied au pays du soleil levant. Malgré des explications bien souvent trop floues, concernant certains évènements du scénario, le film se veut poétique et extrêmement dynamique. Et c’est réussi, car Albator est un film visuellement beau, mais sans plus, qui offre un spectacle démentiel comme le font si bien les japonais. Un bon film qui reste fidèle aux lignes directrices de l’anime et qui saura plaire à tous les publics, même les néophytes. Dommage que la qualité graphique semble un peu datée et que certains défauts tenant du détails viennent ternir l’ensemble de l’oeuvre.

 

Gankutsuou : Le comte de Monte Cristo – Une parfaite réécriture d’un grand roman

Gankutsuou : le comte de Monte Cristo, est un anime qui fut diffusé d’Octobre 2004 à Mars 2005 et réalisé par Mahiro Maeda qui a notamment travaillé sur des films tels que Nausicaä de la vallée du vent, Porco Rosso ou encore sur la séquence animée du film de Quentin Tarantino : Kill bill, dans tous ces exemples en tant qu’animateur clé. Il travaille sur Gankutsuou chez le très célèbre studio d’animation Gonzo. Cet anime pour le moins original est une adaptation de l’excellent roman d’Alexandre Dumas datant de 1844 : Le comte de Monte Cristo.

La réécriture d’une histoire exceptionnelle

Pour ceux qui n’auraient pas lu l’œuvre de Dumas, que je ne saurais que vous conseiller si la lecture ne vous rebute pas, voici un très bref résumé de l’histoire. Le roman raconte l’histoire d’un jeune marin nommé Edmon Dantès qui a tout pour être heureux : une fiancée sublime nommée Mercédès et une brillante carrière toute tracée en tant que capitaine d’un fameux navire. Mais cette réussite existentielle suscite la jalousie de ses amis qui vont le trahir en complotant contre lui, ce qui l’amènera à être envoyé au terrible château d’If, dans lequel il restera captif durant quatorze ans avant d’enfin réussir à s’échapper. De retour à la liberté, il n’aura plus qu’une idée en tête, se venger de ses trois anciens amis : Fernand Mondego, qui sera devenu le comte de Morcerf, pair de France et qui aura épousé la belle Mercédès en lui persuadant qu’Edmond est mort ; Danglars, devenu un banquier doté d’une richesse incroyable et enfin Gérard de Villefort, procureur du Roi à Paris. Bien sûr, c’est grâce à la dénonciation du jeune Dantès que ces trois personnages ont réussis à être si bien placés sur l’échelle de la société.

Pour se venger, Edmond Dantès commencera par retrouver un trésor, ce qui lui procurera une richesse ô combien conséquente et ensuite, changera d’identité, prenant celle du comte de Monte Cristo pour pouvoir tromper ses anciens amis l’ayant trahi quatorze années plus tôt. Je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture de ce roman pour ceux qui ne l’ont pas lu.

cristo83xPassons donc maintenant à l’histoire de Gankutsuou, qui n’est pas la retranscription du roman original mais qui a l’audace d’être une véritable réécriture. Tout d’abord, le cadre spatio-temporel change complètement. Nous ne sommes plus dans une France du XIXème siècle mais dans un futur lointain où le voyage sur la Lune se fait de manière tout à fait naturelle et où les vaisseaux existent. Le Comte de Monte Cristo en science fiction, original non ? Malgré ces changement, le tout reste très cohérent, de par la représentation fidèle de la vie mondaine et aussi de celle la France de cette époque. Les vêtements des personnages, l’architecture des bâtiments, tout ceci reste fidèle au cadre du roman.

L’anime va encore plus loin en ne racontant pas l’histoire du point de vue du comte, comme dans l’oeuvre originale, mais de celui du jeune Vicomte Albert de Morcerf, fils de Mercédès et du comte de Morcerf. L’intrigue ne débute pas au début du roman, mais au moment où Albert rencontre le comte, ici sur la lune après un opéra. Il est donc très intéressant de voir la manière dont le comte va évoluer d’un autre point de vue que le sien. Nous nous attachons, comme dans le roman, à ce personnage mais cet attachement n’est pas le même que celui que nous pouvons ressentir en lisant le roman, de par ce changement de narration. De plus, l’anime ne commence pas là où le roman commence.

Au niveau du scénario, c’est un sans faute pour Gankutsuou. La relation entre le jeune vicomte de Morcerf et le mystérieux comte de Monte Cristo est réalisée de manière intélligente, plus les épisodes se succèdent et plus l’histoire devient prenante, les péripéties, mettant en scène des personnages ayant chacun leur propre personnalité, sont nombreuses et passionnantes. Gankutsuou n’oublie pas de faire réfléchir le spectateur sur des sujets divers comme des questionnement sur le bien et le mal, la corruption, l’amitié, la confiance, etc.

Des choix artistiques audacieux

L’aspect graphique de Gankutsuou peut rebuter certains au premier abord, personnellement, il m’a plutôt très agréablement surpris au début et émerveillé par la suite. Nous sommes, dès les premières minutes, plongés dans un univers aux mille couleurs, toutes plus vives les unes que les autres. Les vêtements des personnages n’ont pas de plis, ils ont comme motifs des sortes de textures, comme s’ils faisaient partis des décors, ceci se retrouvant aussi au niveau des cheveux. Il est très dur de mettre des mots sur ce choix artistique, les images parleront donc d’elles même et vous donneront une idée de ce que vous pouvez trouver dans l’anime. Ces choix et ce festival de couleurs vives n’arrachent cependant pas à l’histoire son aspect très sombre, voire sinistre. D’ailleurs, quand l’anime donne la part belle à la tristesse ou à l’inquiétude, les décors se trouvent être plus sombres, les couleurs deviennent plus ternes, allant parfois même jusqu’à laisser leur place au noir et au blanc.

artPour moi, l’aspect graphique de Gankutsuou est parfait, mais ceci est très subjectif, les choix artistiques des créateurs ne plairont pas à tout le monde. On peut par ailleurs observer un certain manque de détails, en particulier au niveau des visages, mais ceci ne m’a en rien gêné devant le visionnage de cette série. D’ailleurs, les détails ne sont-ils pas que des artifices, des accessoires pour appâter la pupille du spectateur ? Gankutsuou s’est bien gardé d’en utiliser pour nous plonger dans un univers d’une beauté véritable et sans pareil.

Une bande son au même niveau que le reste de la série : magnifique

La musique reflète parfaitement le reste de l’anime. En effet, nous disions précédemment que c’était une réécriture d’un roman se déroulant au XIX ème siècle version science fiction. La musique garde en elle ce principe. Les compositions de Jean-Jacques Burnel, fameux rockeur anglais lié de manière prononcée à la France, explorent différents genres, rendant le tout quelque peu hybride, oscillant entre des sonorités modernes, qui renforcent le versant futuriste. Elles sont souvent jouées au synthétiseur, au clavier, mais aussi à la guitare, basse, batterie, etc… Et des sonorités plus classiques, se rapprochant plus de l’œuvre originale, avec des thèmes interprétés par un orchestre symphonique ou au piano et parfois même accompagnés par un chant d’opéra, comme dans le morceau  Monte Cristo  magnifique et probant exemple de ce mélange des genres dans la série. La musique renforce donc la cohérence générale de l’anime et nous rappelle bien à un moment que le tout se déroule en France avec le morceau  Waltz  , chanté en français par Jean-Jacques Burnel, que nous pouvons aussi entendre dans We were lovers  , l’opening de la série.

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Certains morceaux vont accentuer certaines émotions comme la tristesse, la nostalgie, la mélancolie, alors que d’autres intensifieront l’aspect spectaculaire et théâtrale de quelques passages teintés de révélations, d’action ou de stress par exemple. D’autres thèmes sont quant à eux plus discrets et se contente d’accompagner agréablement le déroulement de l’anime.

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Culte

CONCRÈTEMENT, QU’EST-CE QUE CA VAUT ?

Gankutsuou, pour faire simple, est ma série d’animation favorite. Elle fut pour moi un véritable coup de cœur. Réécriture audacieuse d’un excellent roman, elle a su rester cohérente et même apporter quelque chose à l’œuvre originale. La musique est parfaite et touchante, les doublages sont de qualité, le style graphique original, envoûtant et magnifique, le scénario exceptionnel et intelligent, bref, si vous ne l’avez pas vu, jetez vous sur cet anime. Si vous l’avez vu ? Revisionnez la, encore et encore, comme j’ai pu le faire, toujours avec la même dose de plaisir et d’admiration.  On dit que rien n’est parfait, et bien, à mon humble avis, cet anime l’est.