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Code Geass: Hangyaku no Lelouch, la rébellion est en marche

Sunrise est un studio connu pour être à l’origine de séries d’animation japonaise très portées sur l’univers bien particulier du mecha, dont l’illustre et ultra-populaire licence Gundam. En 2006, celui-ci nous propose une nouvelle série originale dignement nommée « Code Geass » qui repose, pour la première fois, sur la collaboration entre les studios Sunrise et Clamp (XXXHolic, Cardcaptor Sakura, Gate 7, …).
La série débute donc sa diffusion avec un premier épisode sorti le 5 octobre 2006 au Japon et s’étend sur deux saisons de vingt-cinq épisodes jusqu’à septembre 2008. Le succès de Code Geass mena de nombreux auteurs à se concentrer sur des adaptations et spin-offs mangas, ainsi qu’à des films d’animation, produits par le studio Sunrise, encore en production à l’heure actuelle et dont on reparlera dans une autre critique.

 

 

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Si ne pas avoir de pouvoir est mal, en avoir signifie-t-il être juste ?

 

Code Geass nous plonge au cœur de l’Empire de Britannia où la politique dictatoriale menée par les hautes-autorités a réveillé un véritable conflit civil entre le peuple opprimé des Elevens et celui des Britanniens. Lelouch Lamperouge, protagoniste de l’histoire, est un étudiant brillant de l’académie Ashford où il vit avec Nunally, sa pauvre sœur aveugle qu’il chérit. Celui-ci vit une vie plutôt normale jusqu’au jour où une rencontre va chambouler tout son mode de vie. Suite à un terrible événement, il rencontre C.C, une fille mystérieuse aux cheveux verts arborant un étrange signe sur son front, qui lui remet un pouvoir : le « Geass » ; alors que sa vie est en danger. Ce pouvoir antique lui confère la possibilité de prendre emprise sur les Hommes par un simple regard dans les yeux. Lelouch sent ainsi que ce pouvoir est l’occasion rêvée pour lui de concrétiser un rêve qui lui était impossible jusqu’ici : recréer un monde de paix pour sa sœur.

L’histoire commence ainsi et semble tout à fait banale, d’autant plus qu’elle n’est pas sans rappeler un certain Death Note. Toutefois, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué car derrière ce pitch vraiment simpliste se cache un scénario extrêmement bien ficelé et terriblement efficace.Au fur et à mesure que nous progressons dans l’histoire, la personnalité des personnages va évoluer, des cercles, ainsi que des relations, vont se créer et un véritable affrontement, tant psychologique que physique, va exploser. Les dons intellectuels de Lelouch dévoileront finalement sa nature manipulatrice et son désir de contrôle qui le mèneront à établir avec finesse des plans stratégiques extrêmement développés afin de remporter sa bataille. De plus, les pouvoirs du Geass et les secrets qu’il recèle amèneront de nombreux questionnements à la lumière et en laissera d’autres dans l’ombre entraînant ainsi un sentiment de frustration qui nous conduit à faire travailler notre raisonnement.

 

Au delà de la guerre idéologique, Code Geass est aussi un récit profondément touchant et plein de richesses. L’anime permet de toucher à des thèmes tels que l’amitié, la trahison, le sacrifice, l’amour et bien d’autres qui permettent à celui-ci de créer un scénario solide plein de rebondissements. D’autre part, le casting de la série est particulièrement intéressant : chaque personnage dégage un charisme naturel qui le rend attachant et auquel nous pouvons nous identifier. De nombreuses personnes ont longtemps comparé Lelouch Lamperouge à Light Yagami (Death Note), or il est clair que les convictions et le passé de ce dernier le rendent moins noble que le héros de Code Geass.

 

Au final, l’ampleur de l’histoire et des évènements qui la composent ne cesse de croître tout au long des cinquante épisodes, et c’est au cœur de l’action -à coups de méchas- et de la réflexion constante qu’elle s’envole pour pour nous offrir un spectacle rare et sans faille qui nous tient constamment en haleine.

 

 

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« Ceux qui s’approprient le pouvoir de tuer sont ceux qui doivent le plus s’attendre à mourir »

 

L’une des singularités du projet Code Geass repose sur son style graphique dessiné par Clamp. Le studio, bien connu dans le monde de l’animation japonaise, est effectivement reconnaissable grâce aux traits androgynes de ses personnages. Généralement, ceux-ci arbore bien un corps frêle et des traits faciaux très fins qui cassent avec la grosseur de leurs yeux, mais qui leur donne une certaine classe indéniable. Toutefois, lorsque l’on regarde du côté d’autres animes ancrés dans l’univers du mecha comme FullMetal Panic et Gundam Seed, nous nous attendons à voir des personnages qui colleront facilement à l’image imposante et très masculine du mecha de base. Dans Code Geass, ce n’est pas trop le cas mais bizarrement, le mélange des genres donne quelque chose d’atypique qui tend à rendre l’univers bien plus singulier car les personnages nous apparaissent beaucoup plus sensibles et humains dans le corps métallique et viril du mecha. D’ailleurs, Sunrise a apporté un soin particulier à ces entités, ici appelées « Knightmare Frames » (jeu de mot entre « knight » qui signifie « chevalier », et « nightmare » qui veut dire « cauchemar » dans la langue de Shakespear), en créant des machines au design très classe, original et propre.

L’autre particularité de l’anime est son univers et sa direction artistique. Les séries d’animation japonaise nous placent souvent dans un univers ancré profondément dans la culture japonaise. Un fait qui se ressent directement dans le mode de vie des personnages, mais aussi les architectures. Dans Code Geass, il a été décidé de casser avec cette banalité morose et de s’inspirer ailleurs que dans l’archipel nippone. L’anime jouit en effet d’inspirations européennes, et plus particulièrement françaises, tout en gardant cette partie d’intégrité japonaise. Britannia (nom latin de la Grande Bretagne) est un empire qui respire l’influence européenne comme l’académie Ashford qui ressemble de manière improbable au château de Versaille. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que les dirigeants de cette nation impériale se sont vus attribués des noms aux origines européennes tels que Clovis, Charles, Luciano ou encore Marianne. Nous remarquons que l’anime puise directement ses références dans l’histoire française pour alimenter son contenu.

 

Cependant, le Japon ne perd pas sa place puisque dans l’histoire, son peuple est vu comme opprimé par la puissance britannienne. Nommés les « Elevens », ces individus vivent sous la tyrannie de l’empire Britannien et vivent dans l’espoir de retrouver un mode de vie décent. Ainsi, contrairement aux britanniens, ces habitants ne rayonnent pas et sont perçus comme des êtres pauvres. Leurs vêtements diffèrent complètement et leur habitat aussi. La beauté des architectures est alors remplacée par des bâtisses dévastées que nous pourrions assimiler à un champ de bataille. L’équipe créative a bien insisté sur les différences entre les deux populations afin de pouvoir faire immédiatement la distinction. Et cela est très réussi car d’un univers à un autre, nous passons de belles et vives et d’une aura radieuse à une aura sans éclat et des couleurs sombres et fades.

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« La destruction est nécessaire avant la reconstruction »

Concrètement, Code Geass est un bon mélange entre deux univers graphiques très distincts qui sait offrir une réalisation de qualité. L’animation est fluide, notamment en combat, et la mise en scène est incroyable. La sensation de vivre un réel combat pour les idéaux de Lelouch se fait clairement ressentir. Les inspirations européennes et japonaises, dans lesquelles l’anime vogue, lui permettent de casser avec ce que le monde de l’animation japonaise a l’habitude de nous servir et de trouver une originalité artistique qui rend l’œuvre encore plus unique. Je trouve simplement dommage que les opening soient aussi cheap…

La bande-sonorede Code Geass, quant à elle, est juste jouissive. Les musiques correspondent parfaitement à l’univers royale de l’anime et se baladent entre sons orchestraux et jolies balades utilisant des instruments plus naturels et variés que ce qui se fait habituellement dans le milieu. Notons d’ailleurs que le groupe de pop-rock japonais « Flow » a énormément contribué au travail musical de l’œuvre en proposant deux openings dynamiques et sympatoches, mais l’artiste qui se rapproche beaucoup plus de l’ambiance générale de Code Geass, c’est Ali Project. L’artiste proposa deux ending dynamiques et plutôt agressifs pour l’anime qui colle parfaitement aux thématiques du royalisme et de la souveraineté. Ali Project est connu pour son univers et son jeu de sonorités très particuliers, c’est pour cela que je pense que le choix porté sur cette artiste fut l’un des meilleurs à mes yeux. L’harmonie créée entre la direction artistique et la bande-son est un franc succès.

Quant au doublage, oubliez les voix françaises et passez directement au japonais. Je ne dis pas ça car je suis un puriste, je respecte bien évidemment le choix des individus préférant les voix françaises, toutefois il serait coupable de visionner cet anime en français. Le travail de doublage qui a été effectué sur cette œuvre est juste ahurissant. Tout est bon : les intonations de certains passages vous feront vibrer (ALL HAIL BRITANIA ! C’est juste terrible, on se croirait dans 300, les gars.), l’émotion y est sincèrement retranscrite (je vous renvoie à l’épisode de fin) et le professionnalisme reconnu du métier de seiyū se sent véritablement. Et encore une fois, ce n’est pas un avis mais un fait.

All hail Lelouch !

Code Geass, malgré ses quelques années d’ancienneté, est un anime à voir et à revoir. L’animation y est fluide, l’univers y est atypique et singulier, et la bande-originale y est juste magnifique. Le scénario de l’œuvre est ficelé avec finesse et sans faille. L’ampleur des évènements qui le composent ne cesse de croître au fur et à mesure nous tenant en haleine grâce à de nombreux rebondissements et des personnages psychologiquement très travaillés. Ce fruit de la collaboration entre Sunrise et Clamp est une véritable réussite qui se positionne probablement parmi les meilleurs animes de la dernière décennie. Aucune excuse n’est valable si vous avez raté ce fleuron de l’animation japonaise.

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