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THE LAST OF US, la nature reprend toujours ce qui lui appartient

      Tout joueur qui se doit connaît, de près ou de loin, le studio américain : Naughty Dog. Un studio connu pour des jeux qui auront bercé l’enfance de nombreux joueurs, et aujourd’hui, gâté le quotidien des jeunes adultes et jeunes papas. Crash Bandicoot et Uncharted vous diront sûrement quelque chose au cas où vous ne le connaîtriez pas. Deux grands succès commerciaux et critiques de leur génération que peu de joueurs ont pu passer.

Naughty Dog s’est toujours efforcé d’aborder des thèmes et univers très différents aux travers de leurs productions. Des productions de grande qualité qui offrent aux joueurs le fruit d’un savoir-faire et d’une originalité propres au studio. Et c’est en Juin 2013 qu’il décide de réitérer la chose en proposant au monde entier une aventure qui restera longtemps gravé dans le cœur et la mémoire de nombreux joueurs : THE LAST OF US.

Un périple transcendant et fort en émotions
Quand la nature reprend ses droits...
Quand la nature reprend ses droits…

Et c’est dire. Du début à la fin, THE LAST OF US offre une profondeur et une richesse scénaristique qui le démarque véritablement de ce qui se fait et s’est fait dans le jeu vidéo, voire même clairement au dessus de la plupart des films hollywoodien. On y incarne Joel, un père qui perdit sa fille alors qu’il tentait de quitter sa ville, prise dans les flammes d’une catastrophe biologique. Le jeu commence sur un prologue touchant qui prend le joueur aux tripes, et qui ne se perd pas dans l’ennui, bien au contraire. Suite à ces évènements, Joel rejoint la faction des survivants afin de survivre dans une ville partagée par plusieurs factions où la nature a repris ses droits. Un monde hostile, violent et sans pitié bien différent de celui de son ancienne vie. La survie contraint les hommes à revenir à un état de dépendance de groupe, mais aussi à un individualisme caché qui finit par se manifester réellement dans les situations beaucoup trop périlleuse. L’ami d’aujourd’hui peut devenir l’ennemi de demain. Une phrase qui va finalement s’illustrer à de nombreux moments des péripéties de Joel.

Ellie et Joel, un duo amusant et touchant...
Ellie et Joel, un duo amusant et touchant…

Des péripéties qui l’amèneront, d’ailleurs, à rencontrer un autre protagoniste, et pas des moindres car il s’agit d’Ellie. Une jeune enfant de quatorze ans qui semble être l’antidote de l’infection s’étant abattue sur la ville, et réduisant considérablement le nombre de survivants depuis la catastrophe. Réduit à un simple objet de convoitise et de récompense, Ellie sera pendant quelques temps considérée comme tel par Joel dont la mission est de l’escorter jusqu’aux Lucioles, faction ennemie des survivants. Toutefois, il finira rapidement par s’attacher à l’enfant qui n’est pas sans rappeler sa défunte fille. Cette relation d’attachement ne déteint pas seulement sur les deux protagonistes car le joueur est tellement impliquée par le jeu qu’il finit par s’attacher, lui aussi, à Ellie. Une héroïne à fort caractère et amusante qui reste tout de même une enfant fragile. C’est cette fragilité infantile, d’ailleurs, qui, peu à peu, rend au bon vieux Joel ses sentiments paternels et la part d’humanité qu’il a enterré bien au fond de lui.

Pour autant, le scénario élaboré par Naughty Dog n’est pas qu’un simple récit attendrissant sur fond de catastrophe. Que nenni. Certains évènements scénaristiques sont terriblement tristes, voire douloureuses (pertes de camarades, lettres d’adieu, etc) et apportent un contraste non-négligeable à l’œuvre. Pas de spoils, promis !

Hey, cowboy !
Hey, cowboy !

Le travail scénaristique fourni pour THE LAST OF US relève clairement de l’excellence. Le récit est , effectivement, raconté de manière très cinématographique et ne dévie pas d’une ligne directrice qui s’est imposée du début à la fin. Les personnages mis en scène dégagent tous un réel charisme,une personnalité et des motivations propres. Aucun d’eux ne finit dans les abysses de l’oubli mais au contraire, chacun tend à laisse son empreinte dans notre mémoire par leurs actions. De plus, un travail remarquable a été fait à l’égard des deux protagonistes dont l’histoire et la personnalité de chacun sont clairement recherchées et aux petits oignons, notamment sur leur relation d’amour grandissante. Un amour père-fille qui mène vers des scènes attendrissantes, fortes et touchantes jusqu’au dénouement de l’histoire dans lesquelles le joueur est réellement impliqué, et qui ne déteint pas sur le côté plus catastrophique de la trame scénaristique. Les infectés sont omniprésents dans l’histoire et permettent de maintenir constamment la dimension dangereuse de l’aventure, et à l’instar des films zombiesques banals, THE LAST OF US ne se limitent pas à un seul type d’ennemis. En introduisant les factions dans son jeu, Naughty Dog permet d’apporter un plus large panel d’ennemis, mais aussi une dimension plus philosophique à son œuvre. Elle nous pousse à réfléchir sur l’Homme qui revient à ses instincts primaires pour survivre, mais aussi à des questionnements sur la notion de vie ou encore, qui de l’Homme ou des infectés représente la plus grande menace dans ce monde repris par la nature.

Anecdote au passage, Naughty Dog a longtemps réfléchi au dénouement final du scénario, et a eu du mal à choisir une fin digne à leurs yeux et pour les joueurs. Plusieurs fins ont été mises sur la table, puis ont été analysées pour finalement choisir l’actuelle fin du jeu que je vous laisse le plaisir de découvrir par vous-même.

Diversité, réalisme et une ambiance enivrante
Des paysages magnifiques à explorer...
Des paysages magnifiques à explorer…

La particularité de THE LAST OF US, au delà de la richesse de son scénario, c’est bel et bien ses graphismes, son ambiance et sa direction artistique. Le soft exploite clairement la puissance de la PlayStation 3 allant jusqu’à la faire pousser à ses limites. La physique des personnages est réellement époustouflante, et offre un rendu particulièrement exceptionnel pour un jeu de génération actuelle. Les jeux de lumières sont également splendides, les décors touchent un certains photo-réalisme et certains détails graphiques sont soignés jusqu’à la moindre particule. Ces prouesses graphiques (pour la génération actuelle) n’auraient sûrement pas été aussi impressionnantes si la direction graphique n’allait pas de pair. Et celle-ci est tout bonnement parfaite. Elle permet de renforcer l’immersion du joueur dans une nature envahissante, des décors hétérogènes ainsi que divers tons et ambiances. Le rendu final est magnifique, et post-apocalytpique. On prend plaisir à jouer dans des décors représentés par des couleurs tantôt chaudes et vives, tantôt froides et sombres. Le plaisir de découverte est aussi de la partie grâce à une carte qui s’étend vers l’horizon et offre des vues magiques du paysage. Un spectacle rare que peu de jeux ont réussi à se permettre. Je me rappelle que la scène avec les girafes m’a émerveillé de par la surprise mais aussi la splendeur et l’ambiance du paysage qui se manifestaient lors de cette scène. Une ambiance qui rappelle énormément, pour les cinéphiles, le film « Je suis une légende » mais qui arrive quand même à imposer son empreinte et à être d’un tout autre niveau. On peut notamment relever que le jeu Tokyo Jungle se rapproche également de ce qu’est devenue le monde de THE LAST OF US.

Charmant, n'est-ce pas...
Charmant, n’est-ce pas…

Loin des véritables survival-horror, le jeu n’a pas la prétention de jouer dans la même cour et propose une ambiance totalement différente du survival et du banal action-aventure. Sans se perdre dans l’ultra-dynamisme, ni l’horreur véritable, THE LAST OF US mise tout sur son ambiance. La majeure partie des phases de jeu reposent généralement sur de l’exploration et l’infiltration qui permettent de s’imprégner de cette ambiance particulière. D’autres phases, un peu plus rares et bien souvent accordées à des évènements scénaristiques bien particuliers, sont clairement balancées dans de l’action pure. Tout cela reste tout de même bien équilibré entre un rythme de jeu posé et parfois frénétique. A noter qu’ici encore, chaque détails compte. Les jeux de lumières, de sons et de couleurs sont travaillés de façon minutieuse allant du simple cliquetis de serrure jusqu’au bruit de gouttelettes, ou encore les spores dégagés par les infectés qui s’illuminent joliment.

2 comments:

  • Très bonne chronique, comme à votre habitude. Je pense vraiment à m’y mettre. Pensez-vous qu’il y aura une version playstation 4 ?

  • Je pense que c’est une possibilité, mais pour un futur lointain. Le nouvel Uncharted doit requérir pas mal de ressources humaines pour le coup donc je ne pense pas qu’un portage PlayStation 4 soit sur le feu actuellement. Mais ce serait cool !

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