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Chronique Indie 01 : survivre en toute indépendance

Lorsqu’on évoque les jeux de survie, l’image qui nous vient à l’esprit est souvent celle d’une horde de zombies (ou infectés pour ceux qui n’osent pas reprendre le concept vaudou de la zombification) à laquelle on essaye d’échapper en se barricadant dans une place forte et en partant à la quête de vivres et de survivants, mais surtout en essayant de gérer au mieux des ressources qui s’amenuisent à une vitesse plus qu’effrayante.

Dans cet article, je présenterai trois jeux indépendants que je classe comme étant des jeux de survie, l’un étant totalement dans le cliché venant d’être cité, le second s’en rapprochant sur certains aspects, et le dernier étant totalement différent. Les trois jeux en question sont Dead State, This war of mine et Don’t Starve. Comparant sans cesse les trois titres, je vous proposerai mon analyse du scénario et de sa réalisation, du gameplay, des graphismes et de l’ambiance sonore, et je terminerai par un bilan sur le concept de survie et son exploitation dans les jeux indépendants.

Des histoires que vous écrirez vous-même

Dans Dead State, vous incarnez un voyageur prenant l’avion pour se rendre à une destination… dont on se fiche puisque, sans grande surprise, des personnes se mettent à s’attaquer mutuellement dans ledit avion, entraînant son crash. Et comme dans toute bonne histoire qui commence ainsi, vous vous en sortez indemne, pour avoir droit à un mini tutoriel menant à la suite de l’histoire, où vous vous réveillerez dans une école et vous rendrez compte de la triste réalité : le monde est rempli de personnes infectées qui s’entre-dévorent. Dès lors, votre mission sera simple : renforcer votre base en cherchant des matériaux, trouver de la nourriture (fraîche ou non périssable), et bien entendu, trouver des survivants pour augmenter l’ambiance dans la base et pouvoir effectuer des travaux plus efficacement. Votre but est-il de survivre le plus longtemps possible, de trouver un remède, de trouver un endroit plus serein ou vivre ? Vous ne le saurez pas d’emblée… Ce sont vos choix au cours de la partie qui détermineront la suite de l’histoire. Votre capacité à diriger tout un groupe sera mise à rude épreuve. Finalement, si vous aimez Walking Dead (je parle bien entendu de l’œuvre originale), ce scénario devrait plus que vous plaire puisqu’il vous fera ressentir en permanence ce que peut ressentir Rick Grimes dans ladite œuvre.
Au revoir les zombies, et bonjour les soldats d’élites et autres snipers prêts à vous abattre sans la moindre raison. Ce deuxième univers, c’est celui de This war of mine. Comme dans Dead State, vous serez à la tête d’un groupe de survivant tentant de trouver nourriture, outils et autres ressources de luxe pour survivre, ou simplement vivre, mais cette fois, pas de leader… uniquement plusieurs personnes à qui vous donnerez plus ou moins d’importance selon vos choix. Votre équipe dépendra du choix que vous prendrez au début (mélange de survivants pré-conçu, aléatoire ou création personnelle). Le background scénaristique est celui d’une guerre à laquelle vous tentez de fuir, mais n’ayant pas pu réussir à quitter le pays, vous vous réfugiez dans un abri le temps de trouver un moyen de vous en sortir. La journée, des snipers vous empêcheront de quitter votre abris et ne pourrez sortir que durant la nuit. Durant ces escapades nocturnes, préférerez-vous piller des lieux déjà presque vidés de toutes ressources, ou aller visiter d’honnêtes citoyens et leur voler les maigres vivres qu’ils ont pour survivre ? Ferez-vous en sorte de garder en bonne santé tous vos survivants, ou en sacrifierez-vous certains car en temps de guerre, il n’y a pas de bons ou de mauvais choix… tout est uniquement question de survie ? Véritable bijoux psychologique, le scénario de This war of mine ne vous décevra pas.

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En parlant de psychologie, il est temps d’évoquer le scénario d’un jeu qui vous rendra fou (aussi bien vous que votre personnage) : Don’t Starve, mais… y a-t-il vraiment un scénario ? En effet, il n’y a pas réellement d’histoire. Vous vous réveillez au milieu de nulle part avec un personnage de votre choix, dont le prénom commencera par W, et un certain Maxwell (Le M étant un W inversé, ne serait-ce pas là le grand méchant ?) apparaîtra pour vous accueillir par cette simple phrase : « say pal, you don’t look so good ». Et vous voilà lâché dans la nature, avec comme seule indication le nom du jeu : Don’t Starve. Alors oui, il y a toute sorte de créatures incroyables, de biomes différents, d’objets à crafter, mais j’y reviendrai dans le gameplay. Concernant le scénario : survivez en ne mourant pas de faim, et essayez de ne pas devenir fou à cause d’une trop faible santé mentale. Pour le reste, débrouillez-vous !

Pas de dextérité, seulement de la lucidité

Les trois jeux que j’analyse ici sont peut être des jeux de survie, mais ils ont chacun leur propre spécificité. Leur seul point commun est de se jouer à la souris, même s’il est possible de jouer à la manette pour Don’t Starve. Le premier de ces jeux, Dead State, se partage en deux phases : lorsqu’on est dans la base, où le jeu est une sorte de jeu de gestion / simulation de vie, et les phases qui font vraiment le sel du jeu : l’exploration du monde extérieur sous forme de tactical RPG. Concernant la première phase, on se retrouve face à quelque chose d’assez basique, mais qui fonctionne très bien. Chaque jour, au réveil du personnage principal, différents survivants viendront discuter pour faire des requêtes, exprimer leur mécontentement, ou nous remercier pour des choix passés. Ces discussions, bien que parfois ennuyantes car assez longues et nombreuses, se révèlent cruciales pour le bien être des survivants. L’ambiance générale de la base est primordiale pour une survie plus efficace, et même si la quantité de nourriture et d’énergie disponible influencera ce moral, les différents dialogues et les choix effectués l’influenceront d’autant plus. Avant de partir à l’extérieur, vous passerez toujours à un endroit crucial : le réfectoire dans lequel se trouve le tableau des tâches. Ici, vous déciderez quel survivant fera quoi (médecin de garde, nettoyage, réparation de frigo, renforcement des barricades, etc.) et devrez tenir compte de leurs envies mais aussi de leurs aptitudes pour être efficace au maximum. Un autre endroit à ne pas oublier avant de partir est le bureau dans lequel se trouve une radio. En effet, un survivant continue à s’occuper d’émettre une émission radio, et cette dernière est l’unique moyen de trouver TOUS les survivants du jeu (par exemple un appel de détresse depuis un aéroport qui n’a lieu qu’à une journée précise).
Passons maintenant au monde extérieur. Lorsque vous vous aventurerez hors de votre base, vous devrez d’abord effectuer le chemin jusqu’au lieu que vous souhaitez visiter. Durant ce trajet (à pied, en cheval ou en voiture selon les possibilités), différents événements aléatoires pourront arriver. Une fois arrivé là où vous le souhaitiez, vous voyez votre équipe apparaître et pouvez vous déplacer librement sur la carte, fouillant chaque endroit possible et imaginable (poubelles, planches de bois qui trainent, voitures abandonnées, etc). Le problème est que vous n’êtes pas seuls et devrez faire face à deux types d’ennemis : les zombies, plutôt lents et attaquant au corps à corps, dotés d’une vue imparfaite mais d’une bonne ouïe… mais aussi les humains, bien plus dangereux avec leurs armes à feux, leur vue et leur ouïe parfaites. La force des humains est aussi leur faiblesse : leurs attaques à l’arme à feu faisant du bruit, les zombies peuvent être attirés dans le combat et les attaquer, n’ayant comme seule proie les premiers humains trouvés sur leur chemin. Si un humain (y compris quelqu’un de votre équipe) se fait mordre et meurt, il se réveille sur le terrain en zombie et nécessitera donc d’être tué deux fois. Un humain dont les points de vie tombent à zéro est d’abord KO puis peut être ranimé ou définitivement tué. Bon, c’est bien beau tout ça, mais comment ça fonctionne ?

Eh bien c’est tout simple : il s’agit d’un tactical RPG ou, suivant vos caractéristiques, votre personnage sera meilleur au corps à corps ou en attaque à distance, pourra faire plus ou moins d’action par tour, se déplacer plus ou moins loin, etc… une attaque par derrière étant toujours bien plus intéressante qu’une attaque de face. Là où ces phases deviennent intéressantes, c’est dans la gestion du bruit. Comme je l’ai dit précédemment, le bruit attire les zombies, mais prendre un humain par surprise peut en attirer trois autres. Finalement, lors de l’entrée sur une carte, il faudra toujours rester sur ses gardes et préférer un personnage discret, à la vue lointaine, pour vérifier si la voie est libre… et pour les portes fermées à clés, préférer un personnage qui sait et a les outils adéquats pour crocheter les serrures. En effet, défoncer une porte fait partie des actions les plus bruyantes avec les tirs d’armes à feu. Chaque carte peut durer assez longtemps et donner l’impression de vivre une aventure assez prenante, et croyez-moi, vous vous souviendrez longtemps de certaines cartes après les avoir complétées.

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Après Dead State, place à This war of mine. Comme je l’ai dit concernant le scénario, ce jeu présente des points communs avec Dead State. Votre temps de jeu sera à nouveau séparé en deux phases : le temps passé dans votre base et le temps passé à l’extérieur, mais quand dans Dead State, vous pouviez choisir de sortir quand bon vous semble, dans This war of mine, vous serez obligé de ne sortir que la nuit, la journée étant trop dangereuse avec les snipers guettant vos moindres mouvements à l’extérieur. Cette fois-ci, pas de zombie. Vos seuls ennemis seront des humains, plus ou moins dangereux selon l’endroit que vous pillez. Un conseil pour vos premières parties : contentez-vous de piller des endroits déserts, quitte à devoir sacrifier des survivants par manque de nourriture. En effet, les armes sont peu nombreuses, et les combats ne laissent aucune place à l’erreur. Vous pouvez bien entendu combattre à mains nues, mais les autres humains seront rarement nonarmés. Le meilleur moyen de rester vivant est finalement de rester discret, mais cela nécessitera tout un tas d’outils, et donc des ressources que vous n’avez pas forcément. En plus de devoir gérer la survie de vos personnages, vous devrez aussi faire attention à leur bien-être en essayant de récolter des ressources de luxe : de l’alcool, des cigarettes, des livres, etc. La difficulté est plutôt corsée, et même si la prise en main est assez rapide, il faudra un certain nombre d’heures de jeu avant de vraiment sentir qu’on maîtrise la chose.
Enfin, passons au gameplay de Don’t Starve. Une simple souris vous suffira pour faire tout ce que vous désirez, mais je recommanderai fortement une manette aux joueurs qui souhaiteront tenter leur chance en combat et s’en prendre aux adversaires les plus dangereux. Car si Don’t Starve se joue de manière très agréable, les combats sont souvent vus comme un point négatif qui gâche toute l’expérience de jeu. Pas impossible à la souris, ils sont tout de même assez difficilement maniables. Mais comment tout cela fonctionne ? Comme je vous l’expliquais à propos du scénario, vous vous réveillez au milieu de nulle part… enfin… pas vraiment. Certes, le monde est généré aléatoirement (ce qui occasionne parfois un assez long temps de chargement avant de démarrer la partie, mais en contrepartie, plus aucun autre temps de chargement ensuite), mais vous démarrez normalement dans un biome prairie : un endroit où se trouvent les ressources de bases pour survivre en début de partie. Vite, au travail… le temps s’écoule rapidement, et si vous ne récoltez pas de quoi faire de la lumière durant la première nuit, votre partie pourrait tout de suite s’achever.
Ramassant herbes et brindilles, vous croiserez probablement quelques silex en chemins pour pouvoir vous confectionner une hache et ainsi rapidement récolter du bois pour finalement, ô joie, faire du feu. Bien entendu, vous n’aurez pas manqué de ramasser les carottes et autres baies sur votre route. N’hésitez pas à les faire cuire avant de les manger, mais n’attendez pas non plus d’être affamé avant de vous sustenter : les aliments les plus frais sont les plus rassasiants, aussi bien pour le corps que pour l’esprit. Vous avez l’impression que je vous parle de Minecraft ? Alors que va-t-il se passer quand je vais vous expliquer que le principe de ce jeu est de crafter un maximum d’objets pour toujours aller plus loin dans la survie et le confort ? Vous dites que c’est carrément un plagiat de Minecraft ? Si cette idée a osé vous traverser l’esprit, oubliez là tout de suite. Don’t Starve est un jeu où la moindre petite erreur peut vous coûter la vie. En début de partie, tout est facile, la nourriture est abondante, il fait chaud… mais que ferez-vous lorsque viendra l’hiver, que plus aucune plante ne poussera, que le froid s’emparera de vous, que les nuits dureront bien plus longtemps ? Ici, pas de temps pour se construire de jolis maisons accompagnées de meubles divers et variés. Bien entendu, vous pouvez tout de même vous montrer quelque peu coquet en vous installant un beau sol en parquet ou en marbre, ainsi que des murs. Mais lorsqu’un ennemi géant viendra piétiner votre chef d’œuvre sans demander votre avis, vous y réfléchirez à deux fois. Car survivre à la faim et au froid, ça n’est pas si compliqué que ça… mais si vous négligez totalement de construire des défenses, des armes, des armures… vous ne tiendrez pas longtemps face aux meutes de hounds qui s’acharneront sur vous, d’abord rarement, puis de plus en plus fréquemment. Et si vous souhaitez fabriquer des pièges, des habits, des pièges ou autre, il vous faudra partir au combat. Vous comprenez le principe ? Survivre contre la faim, les dangers extérieurs, mais aussi la folie. Car j’oubliais de parler d’une chose… en plus de votre santé et de votre jauge de faim, vous avez aussi une santé mentale à surveiller. A chaque combat, apparition surnaturelle, approche de lieux occultes, et temps passé dans l’obscurité (pas totale, sinon vous mourrez), cette jauge descend. Plus cette dernière est basse, plus le monde deviendra lugubre et dangereux, avec des apparitions qui vous attaqueront jusqu’à ce que mort s’en suive. Mais, comme toujours, si vous souhaitez créer les objets les plus puissants, vous devrez oser affronter ces dangers. En résumé, si vous aimez souffrir, ce jeu est fait pour vous !

Restez dans l’ambiance jusqu’à la délivrance

Dead State présentait jusqu’à présent de nombreux points positifs grâce à son scénario et son gameplay. Son ambiance graphique et sonore ne baissera que très peu cette impression globale. Si la modélisation des personnages est assez rudimentaire, et leurs animations encore plus basique, les décors présentent de très nombreux détails qui donnent une réelle personnalité au jeu. Dans chaque carte, vous retrouverez des textures communes, ce qui pourrait donner une impression de monotonie, mais ces dernières sont toujours mises en scène grâce à l’éparpillement des corps, des tâches de sang, des écritures « help » par-ci par-là, etc… et finalement, chaque carte aura son propre univers. Se partageant entre différents types, vous pourrez visiter des centres commerciaux, des hopitaux, des fast food, des fermes,… et c’est là que Dead State ne se moque pas de nous !

En effet, en plus des éléments du décor qui donnent une vraie personnalité à l’endroit où vous vous trouvez, chaque type de carte a son propre thème musical, qui pourra varier selon que vous êtes en phase de simple exploration ou de combat. Les bruitages, grâce à leur qualité et leur réalisme, ajoutent à cette immersion. Finalement, le seul vrai défaut se trouvera dans votre base, où les survivants seront toujours à une place fixe peu importe le travail occupé, et où seuls quelques éléments évolueront en fonction de ce que vous avez construit. En plus, comme toutes les autres cartes, cette base présente un thème musical qui lui est unique, mais vous passerez tellement de temps à gérer votre équipe de survivants que vous vous en lasserez extrêmement vite. Enfin, la gestion de la caméra pourra parfois s’avérer ennuyante car les textures ne deviennent transparentes que lorsque vous êtes dans un bâtiment, et non à l’extérieur. Heureusement, ce défaut ne viendra pas totalement gâcher tout le reste.
This war of mine se présente sous la forme d’un jeu 2D. Dès les premières minutes, on retrouve un sentiment global assez familier si l’on a déjà joué à Deadlight. Pas vraiment noir et blanc, la palette de couleur est cependant extrêmement terne, nous plongeant immédiatement dans l’oppression que vivent les protagonistes, et le choix de vrais visages pour symboliser chaque personnage ajoutera à ce sentiment qui s’empare de nous. Pour appuyer cette lourdeur psychologique qui pèse sur nos épaules, la bande-son fait le choix de musiques pour la plupart assez planantes, dans un style proche de la musique du groupe Sigur Ros. Tous assez semblables, les morceaux de l’OST de ce jeu sont au nombre de sept, et seul l’un d’entre eux se démarque vraiment du reste. La recette de ces musiques ? Des nappes qui flottent pour ne jamais donner l’impression d’avoir les pieds bien ancrés sur terre, et des sonorités de guitare acoustique pour enlever un peu à la monotonie du reste. Mais le peu de musique présente dans ce jeu, et la construction des morceaux nous forcent à ressentir la monotonie… cette dernière exacerbée par les couleurs ternes ambiantes et ce sentiment de désespoir qui habite sans cesse les survivants. Même lorsque ces derniers semblent heureux, l’impression reste aussi forte qu’une crise dépressive en plein cœur de l’hiver. La vraie force de This War of Mine réside dans cette ambiance, ressentie dès les premières secondes, et qui ne nous quittera plus avant la fin de la partie.

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Enfin, reste à évoquer l’ambiance graphique et sonore de Don’t Starve. Beaucoup plus enjouée de prime abord que pour les deux autres jeux, elle est pourtant beaucoup plus lugubre. Enjouée vous dites ? Oui, on peut dire ça… la musique, dès qu’il y en a, est souvent assez entraînante, et pourtant, elle n’a rien de réellement joyeux. La clé de ce secret est simple : écrire des mélodies entraînantes mais avec des sonorités légèrement tordues et salies, le tout avec une mélodie principale facilement mémorisable, voire même entêtante.

Graphiquement, le jeu a une vraie personnalité grâce à une patte graphique directement reconnaissable, toujours mélangeant ce côté sympathique presque enfantin à un sentiment assez glauque. Plus votre santé mentale deviendra faible, plus l’univers se brouillera et deviendra terne, la musique suivant cette tendance. De même, en hiver, tout devient plus terne, et les bruitages gagneront en froideur (entendez par là des sonorités plus désagréables et plus de sécheresse dans les résonnances). Ce lien entre sons et couleurs permet, au-delà d’une immersion impossible du fait d’un univers différent du nôtre, un vrai ressenti de la détresse du personnage face à certaines situations. Parmi les idées graphiques, le bestiaire est tout à fait admirable, surtout pour les détenteurs des différents DLC. Mais je ne pourrai malheureusement pas réellement développer tout ce qui pourrait être dit. Ce qui fait la plus grande force de Don’t Starve est sa communauté de moddeurs. Grâce à eux, tout le monde pourra obtenir un jeu plus poussé à tout point de vue, pouvant même être assez différent de l’original.

C’est l’heure du bilan

Les trois jeux que je vous ai présentés sont à mes yeux des bons jeux de survie. Même s’ils sont tous les trois clairement différents, ils présentent de larges points communs : une ambiance travaillée dans laquelle on se plonge facilement, des petites décisions qui peuvent avoir de lourdes conséquences, mais surtout des choix dans les mécaniques de jeu et dans le scénario qui correspondent tout à fait à la définition que je me fais de la survie. Si l’on était confronté à une situation qui nous dépasse totalement, où nous perdons tous nos petits plaisirs et notre luxe quotidien pour nous recentrer sur le fait de vivre et survivre, nous deviendrions rapidement fous, à l’instar de Wilson dans Don’t Starve. Survivre n’est pas qu’une question de nourriture et de chauffage quand il fait froid. C’est aussi se battre contre soi-même et ne pas abandonner, même si l’on voit que l’unique porte de sortie reste la mort.

Ce sentiment est présent dans les trois jeux qui ont été analysés. Tantôt une sorte de dieu qui prend en main un ensemble d’individu et prend des décisions aussi déchirantes pour lui que pour les autres dans This War of Mine, tantôt un personnage devenant chef malgré lui et devant lui aussi prendre ces décisions sans issue favorable dans Dead State, tantôt un personnage qui est le dernier représentant de son espèce dans Don’t Starve (je parle bien évidemment de la version normale du jeu, et non de la possibilité de coopération dans Don’t Starve Together qui gâche cet intérêt qu’avait le jeu original). Aucun des trois jeux ne procurera de plaisir réel. Lorsque vous trouverez plus de nourriture que d’habitude, une ressource rare, arriverez à fabriquer quelque chose d’exceptionnel, vous serez soulagé, mais jamais réellement heureux. Car même lorsque l’on reprend un train de vie qui semble proche de notre quotidien et nous faire oublier les problèmes rencontrés en début de partie, tout peut être chamboulé en quelques instants. Ces jeux sont-ils cependant uniquement réservés aux gens qui aiment souffrir ? N’exagérons rien… Il ne faut juste pas être du genre à absolument désirer une happy end, mais qui sait… peut être qu’une véritable happy end vous attend ? Pour avoir la réponse, armez-vous de vos souris, et lancez-vous dans l’aventure !



Victorien 

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