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Besoin des conseils d’un détective ? Appelez Sherlock !

Vous avez longtemps rêvé de résoudre des crimes en vous disant que cela relevait de la fiction ? Alors laissez-moi vous présenter un jeu de société qui risque de vous surprendre, et vous offrir de nombreuses heures de plaisir : Sherlock Holmes détective conseil. Armé des articles du Times, d’un plan de Londres et d’un annuaire, vous devrez utiliser vos talents d’analyse les plus fins pour pouvoir résoudre différentes affaires, tout en essayant d’être meilleur que le maître Sherlock Holmes.

Un roman interactif plus qu’un jeu

Si vous avez grandi dans les années 80 – 90, vous connaissez probablement les Livres dont vous êtes le héros. Ces livres incroyables qui nous faisaient vibrer en nous offrant un sentiment de liberté dans le choix de notre aventure, pourtant totalement prédéterminée. Le jeu dont je vous parle aujourd’hui vous fera revivre des sensations très proches, avec un aspect de liberté beaucoup plus grand. Au-delà du simple jeu, SHDC (Sherlock Holmes détective conseil) est donc un roman. En effet, les soucis de narration et de détails à profusion sont omniprésents. Tout de suite, on se retrouve plongé dans l’univers créé par Arthur Conan Doyle. Sherlock Holmes, le détective aux allures de surhomme, résoudra les affaires à une vitesse ahurissante en se contentant de quelques indices pour les mettre en lien logique pendant que vous pataugerez dans la semoule pour déterminer le vrai du faux entre les différents témoignages.

 

 

Grâce à la carte de Londres, vous visualiserez mieux les distances et pourrez effectuer des recherches plus localisées.

Grâce à la carte de Londres, vous visualiserez mieux les distances et pourrez effectuer des recherches plus localisées.

 

Cette course poursuite entre vous et le détective du 221b Baker Street sera le seul élément qui classe SHDC dans la catégorie jeu de société. Dès le début de la partie, vous serez face à un choix, déterminé par votre tempérament : soit vous tenterez de résoudre l’enquête au plus vite pour réaliser le meilleur score possible et tenter de battre Sherlock Holmes, soit vous prendrez votre temps, irez rendre visite à chaque personne impliquée dans l’affaire, partirez à la recherche d’indices sur des enquêtes secondaires,… De mon point de vue, la deuxième option est tout bonnement la meilleure.

Un pour tous et tous pour un

Avant de décrire les mécaniques et le matériel du jeu, il est important de revenir sur l’aspect « société » de ce jeu. Jouable de 1 à 8 enquêteurs, il offre de nombreuses possibilités. Coopération, lutte acharnée pour être le plus malin, simple plaisir solitaire,… on dit souvent que tout est bon dans le cochon, alors ici, je dirai que tout est délicieux dans ce jeu.

 

 

 

L’annuaire de Londres et la liste des indicateurs vous diront où vous rendre pour suivre une piste.

L’annuaire de Londres et la liste des indicateurs vous diront où vous rendre pour suivre une piste.

 

Jouer seul peut s’avérer intéressant et même très prenant, mais l’intérêt de SHDC se comprend réellement à partir de deux joueurs : en confrontant leurs points de vue, les joueurs pourront vite vouloir taper du poing sur la table pour dire que telle piste est une perte de temps alors que telle autre semble bien plus intéressante. De l’avis d’un grand nombre de personnes, c’est donc le jeu à deux joueurs qui s’avère le plus riche, car la confrontation de deux esprits, ni plus ni moins, apporte les mises en doutes qui n’auraient pas lieu d’être en solo ainsi que l’envie d’appuyer ses propres idées par des arguments infaillibles sans pour autant alourdir l’ambiance par de trop nombreux enquêteurs. Ce qui paraît évident pour certains ne l’est pas pour d’autre, et inversement. Jouer à plusieurs permet donc aussi de plus facilement battre Sherlock en terme de vitesse… à moins d’être doté d’un esprit d’analyse extrêmement fin et d’une très bonne intuition.

Une bonne tasse de thé, de bons fauteuils, et on peut démarrer

Si vous comptez démarrer une partie de SHDC, faites-le uniquement si vous vous sentez l’envie de partir dans une vraie aventure pendant plusieurs heures. Avant tout, nous sommes face à un jeu d’ambiance, et Sherlock ne sera pas le bienvenue dans une fête d’étudiants en quête de beuverie et de jeux qui vont vite et sont simples à comprendre. Même si les règles sont extrêmement simples, une vraie réflexion sera demandée au joueur, et si cette dernière ne se fait pas dans des conditions particulières, l’expérience de jeu sera clairement gâchée.
Alors, comment fonctionne une partie ? Rien de plus facile à comprendre ! SHDC fait partie des jeux que je connais qui vont les plus vite à mettre en place. Après avoir sorti le livret d’enquête, mis à disposition les numéros utiles (Scotland Yard, médecin légiste, etc) ainsi que l’annuaire de Londres, il ne manquera plus que la carte de ladite ville, et l’enquête pourra démarrer. Chaque enquête fonctionne sur le même modèle : quelques pages viendront introduire l’histoire, nous expliquant sur quelle affaire nous devrons enquêter, en nous fournissant déjà quelques noms et pistes qui pourront être intéressante. En dehors de cette enquête principale, une seconde enquête parallèle aura lieu, voire une troisième affaire (soit évoquée brièvement par Sherlock, aperçue dans le journal, etc.)

 

 

 

Pour chaque enquête, un livret d’enquête décrira ce qui arrivera à chaque adresse où vous vous rendrez, et un article du Times vous donnera des indices supplémentaires pour aiguiller vos recherches.

Pour chaque enquête, un livret d’enquête décrira ce qui arrivera à chaque adresse où vous vous rendrez, et un article du Times vous donnera des indices supplémentaires pour aiguiller vos recherches.

 

C’est le moment de débuter la partie. Les règles étant une chose et le plaisir de jouer une autre, il est, à mes yeux, plus intéressant d’aller dans un endroit qui plaît à tout le monde, après s’être concerté sur l’intérêt de telle ou telle piste. Le débat entre les différents enquêteurs fera ainsi toute la force du jeu. Mais comment se rendre chez telle ou telle personne ? Encore une fois, rien de plus simple ! Muni de votre annuaire, vous trouverez une adresse associée au nom de la personne recherchée, sous forme d’une association de lettre et d’un numéro. Vous rendant au paragraphe concerné dans le livret d’enquête, vous n’avez plus qu’à lire ce qui arrive à l’adresse indiquée, sans oublier de prendre des notes avec le crayon et le papier dont vous n’aurez pas oublier de vous munir préalablement (non-fourni avec le jeu, seul petit bémol… un vrai carnet de note pour les enquêtes aurait pu être fort sympathique). Si une adresse ne se trouve pas dans l’annuaire, si vous manquez de piste, ou souhaitez vérifier certains alibis, la carte sera votre allié le plus utile. Simple et pourtant détaillée, elle offre une dimension bien plus grande au jeu, en plongeant les enquêteurs dans le Londres de Sherlock Holmes, en y découvrant certains agencement de rue, en voyant où se rendent les malfrats, les gentlemen, les joueurs infortunés, etc.

Et la fin dans tout ça ?

La fin de partie aura lieu lorsque vous le déciderez. Quand un enquêteur pense avoir résolu l’affaire, deux séries de questions lui sont posées. La première série de question concerne l’enquête principale, et demandera souvent qui est coupable, la raison du crime, ainsi que des détails sur la victime, le meurtrier, le complice, etc. La deuxième série, quant à elle, proposera des questions plutôt axée sur des éléments annexes, très souvent reliés à des faits divers apparaissant dans le Times daté du jour de l’enquête. Adepte de décryptages, vous serez aussi servi par une plus grande énigme égrainée tout au long des 10 enquêtes, en rapport avec un certain Moriarty, ennemi juré de Sherlock.
Contrairement à la plupart des jeux de société, SHDC souffre d’une non-rejouabilité, puisqu’une fois une enquête terminée, il est difficile de totalement l’oublier. Vous pourrez toujours la rejouer pour le plaisir, mais je doute que ce plaisir puisse réellement être présent dans un tel cas. Alors vous pensez qu’avec un tel défaut, personne ne devrait apprécier le jeu ? Eh bien vous avez totalement tort ! Sherlock Holmes Détective Conseil est un roman, comme je vous l’ai dit, mais c’est avant tout un TRES BON roman.
Dans le jeu de base, 10 enquêtes sont proposées, une enquête terminée rapidement prenant au moins 2 à 3 heures de jeu, et une enquête approfondie en détail pouvant prendre plus de 6 heures. Cela amène donc l’ensemble du jeu à une durée de vie moyenne de 40 – 50 heures minimum selon les profils de joueur. Si jamais vous en revoulez, il existe en plus dès à présent pas moins d’une dizaine d’extension (de nouvelles enquêtes), et régulièrement, de nouvelles enquêtes sont créées pour toujours faire revenir les joueurs à cette petite merveille ludique.

 

 

 

Durant une partie, tout le matériel de jeu est nécessaire pour ne passer à côté d’aucune information. Sur la photo, on a, de gauche à droite : la boîte du jeu, la liste des indicateurs (au dos des règles du jeu), un article du Times du jour, la carte de Londres, le livret d’enquête et l’annuaire de Londres.

Durant une partie, tout le matériel de jeu est nécessaire pour ne passer à côté d’aucune information. Sur la photo, on a, de gauche à droite : la boîte du jeu, la liste des indicateurs (au dos des règles du jeu), un article du Times du jour, la carte de Londres, le livret d’enquête et l’annuaire de Londres.

 

Finalement, Sherlock Holmes Detective Conseil, même s’il est un jeu de société, est avant tout une aventure extraordinaire, ne souffrant d’aucun défaut, ni dans l’écriture, ni dans la qualité du matériel. A peine la boîte en main, on sait qu’on ne se moque pas de nous. Rares sont les boîtes de jeu aussi lourdes grâce à leur contenu foisonnant ! Quelques illustrations supplémentaires auraient pu ajouter encore un peu de cachet à l’ensemble, mais après tout, n’est-il pas mieux de laisser parler notre imagination face à une telle aventure narrative ? Chacun peut avoir un avis sur la question, mais personne ne pourra nier qu’on s’était rarement autant approché de la perfection qu’avec ce jeu !



Victorien 

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