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Final Fantasy X HD Remaster – La réaventure vers Zanarkand

Ce jeu a été testé à partir d’une version japonaise sortie le 26 décembre 2013.

A en écouter les vieux fans, Final Fantasy X est le dernier bon épisode de la série. C’est, d’ailleurs, celui qui a marqué la fin de l’ère Square Soft, ayant fusionné avec son principal concurrent : Enix, studio qui développait la série Dragon Quest à l’époque. Le dernier épisode portant l’étendard « Square Soft » est donc premièrement sorti dans son pays d’origine, le Japon, en 2001, puis en Europe au deuxième trimestre de 2002.
Un peu plus de dix années plus tard, Square Enix décide de redonner une nouvelle jeunesse à ce dixième épisode. C’est, en effet, lors du Tokyo Game Show 2011 que la firme japonaise annonce que l’épisode sous le chiffre romain « X » aura droit à un passage vers la haute-définition sur les consoles Sony, à savoir PlayStation 3 et Vita.
Et c’est en décembre 2013 que le projet de SQEX rejoint les établissements de ventes en jeux vidéo au pays du soleil levant. De ce fait, moi, Kefka, ai pu obtenir cette fameuse, et tant attendue, remasterisation du jeu, dignement nommée :  « Final Fantasy X HD Remaster ».

T’as d’beaux yeux, tu sais ?

La particularité de cette version HD Remaster tient avant-tout de la partie graphique. C’est la raison pour laquelle, je décide d’aborder ce sujet en toute premièreté (oui, ça ne veut rien dire). Square Enix avait beaucoup insisté sur le fait que le travail opéré sur ce portage HD fut particulièrement long. Il leur en a pris deux ans pour pouvoir obtenir le rendu désiré pour cette compilation « X & X-2 HD Remaster ». Soit, mais est-ce la seule raison ? Peut-être pas, en effet. Square Enix l’a avoué récemment : le projet n’a pas été développé par la compagnie japonaise, mais il fut attribué au studio chinois, Virtuos. Cela expliquerait ceci et cela. Mais fermons cette petite parenthèse relevant de l’anecdote, ou de l’information -à vous de voir-.

Une remastérisation de qualité magré ses défauts…

Concrètement, Final Fantasy X HD Remaster est beau. Le jeu jouit d’un lissage haute-définition bien foutu, voire très bien foutu, qui se remarque tout au long du jeu. Le rendu est, effectivement, soigné, plus lisse et clairement plus net. Un travail honorable de ce côté-là qui n’équivaut sûrement pas celui dédié à la remodélisation graphique et physionomique des protagonistes, mais aussi des antagonistes, du soft. Certains détails, qui passaient inaperçus autrefois, ont été mis en évidence, certains visages ont perdu en matière graisseuse et parfois, certaines coiffures ont été revues –celle de Tidus à priori-. Les yeux du blondinet et Yuna ont gagné en vivacité grâce à des couleurs plus claires, contrastés et des détails plus nets qui se distinguent bien mieux. D’ailleurs, le rendu général se rapproche bien plus de Kingdom Hearts qu’auparavant tout en gardant cette maturité, dans la patte graphique, propre à la série Final Fantasy. Toutefois, le jeu n’est pas exempt de défauts qui viennent ternir le rendu global et nous laisse un peu sur notre faim.

Des visages de PNJ toujours aussi plats…

Bien souvent, le jeu souffre d’inégalités d’ordre graphique qui cassent un peu l’ambiance haute-définition présente, et bien malgré le lissage effectué. La transition post-cinématique se fait toujours aussi fortement ressentir, les visages façon bouillie de pixels plats de certains personnages secondaires restent encore présents (assez drôle d’ailleurs) et se confondent avec les visages nouvellement modélisés, et pour finir les décors n’ont pas changé pour un poil, si ce n’est en gain de couleurs et contraste. Dernier point, et cela tient de mon avis personnel, les visage remodélisés de Tidus et Yuna ont clairement perdu en humanité dans leurs expressions faciales (assez robotiques pour le coup), ce qui est véritablement dommage tant le travail de modélisation et de netteté est réussi.

Outre ces défauts, Final Fantasy X HD Remaster jouit de cinématiques qui n’ont rien perdu de leur beauté, et qui conservent leur magie, au même titre que les décors malgré le manque de travail accordé à ce niveau-là. Ce qui nous laisse face à un portage HD graphiquement en demi-teinte mais si l’on fait abstraction de ces légers détails qui brisent l’immersion, la refonte graphique proposée pour cet épisode réédité demeure tout à fait honorable, voire d’une certaine excellence comparé à des titres HD qui n’apportent pas vraiment grand-chose (ZOE, DmC, Dragon Ball Z Budokai, …).

Brasier X, à ton tour. Overdrive !

Si le jeu a fait l’objet de nombreuses améliorations graphiques, pas grand-chose n’a été fait en ce qui concerne le gameplay. C’est donc avec une once de nostalgie fortement ancrée dans mon esprit que je vais revenir sur ce aspect si important du jeu qui peut parfois être délégué au premier plan, au détriment du spectacle graphique. Mais ce genre de tendance se fait de plus en plus rare.

Le sphérier expert est clairement le plus complet…

La particularité de Final Fantasy X, c’est bel et bien son système d’évolution des personnages appelé sphérier. Se déclinant en deux types bien distincts : d’un côté se positionne le sphérier standard, et de l’autre, le sphérier expert. Chacun des deux propose une vision, une stratégie et un degré de difficulté différents. Bien évidemment, le choix entre l’un de ces sphérier n’influe en rien sur la puissance des ennemis si ce n’est que l’évolution des personnages ne sera clairement pas la même. De ce fait, il est fortement recommander de veiller à bien entraîner ses personnages dans chaque zone visitée car Final Fantasy X propose un gameplay linéaire qui n’offrira de liberté qu’à la fin du jeu. Une linéarité qui peut en énerver certains mais qui pioche sa cohérence et ses arguments dans son scénario.

Globalement, rien n’a réellement changé par rapport à la version originale. Le combat au tour par tour , la possibilité de switcher en les personnages, les overdrives se déroulent toujours de la même manière qu’autrefois. Seule une option a vu le jour mais ne casse pas trop pattes à un canard. Celle permet, effectivement, de pouvoir récupérer en points de vie et magie depuis le jeu sans passer par le menu. Pourtant, le gameplay de Final Fantasy, malgré ses onze ans, conserve toujours son efficacité, ainsi il reste encore excellent, jeune et complet.

Une véritable épopée musicale au cœur de Spira
Des cinématiques d’une rare beauté et fortes…

To Zanarkand, Someday the dream will end, Suteki da ne et bien d’autres. Autant de musiques qui accompagnent ce jeu pour une véritable épopée musicale au cœur de Spira. La bande-son de Final Fantasy X vous fera frissonner, pleurer et aimer. Nobuo Uematsu, compositeur des musiques et sons du jeu, a travaillé d’arrache-pied pour embraser l’expérience Final Fantasy X. A défaut d’être une épopée musicale, c’est aussi un voyage au cœur des sens et des émotions dans lequel son travail nous transporte. Il est donc compréhensible que certains aient pu rester dubitatifs quand ils entendirent la nouvelle dévoilant une remastérisation de la bande originale. Le travail d’arrangement musical est, en effet, d’excellente facture et peut laisser certaines craintes s’envoler. Les sons paraissent plus clairs, bien plus audibles et donne, parfois, une nouvelle dimension à certains sons sans les dénaturer pour autant. Tout reste fidèlement dans la même lignée que la version originale. Après tout, ce n’est qu’un réarrangement. Et quel plaisir d’entendre une nouvelle fois tinter ces merveilleux sons et les laisser résonner jusqu’au fond de notre boite crânienne.

Un long et éprouvant pèlerinage mais aussi…
HA-HA-HA HA-HA !

Une critique de la religion. L’histoire de Final Fantasy X repose essentiellement sur les notions de vie et de mort sur fond religieux. Spira est, en effet, contrôlée par les hautes-instances religieuses et souffre implicitement de ses préceptes. La population qui y réside est complètement aveuglée face à ses devoirs religieux et cette sphère malsaine qui ne tient qu’à conserver son pouvoir, éviter les révoltes et manigancer dans l’ombre. Le mal est-il donc réellement représenté par Sin ? Peut-être pas finalement. Sin n’est qu’un prétexte, en plus d’être une malédiction. Il permet simplement aux Yevonistes de plonger les habitants de Spira dans une terrible torpeur en manipulant leurs peurs et leur espoir de paix. L’archétype de cette naïveté infantile et de cet espoir sincère n’est autre que l’Invokeur. Yuna est un personnage terriblement attachant car elle représente cet archétype manipulé par la secte Yevoniste, mais aussi l’espoir de tout un monde. Le fait qu’elle ne soit vue que comme un objet sacrificatoire rend le personnage d’une fragilité attachante, mais à la fois fort grâce à sa grande maturité, sa dévotion et l’acceptation de son destin. Quant à Tidus, il diffère drastiquement de ce qu’est Yuna. Téméraire, immature et sans cesse enfermer dans une bulle de confusion, il est clairement l’opposé de cette dernière. Mais les deux personnages vont finalement grandir psychologiquement et fatalement s’accorder pour former ce puissant amour qui les lie depuis leur première rencontre.

Petit rappel : Final Fantasy X nous plonge au cœur du périple de Tidus, star de Blitzball des Zanarkand Abes, emporté sur Spira suite à la dévastation de sa ville natale, Zanarkand, par Sin. Débarquant mille ans plus tard sur Spira, il y rencontre Wakka et les habitants du village de Besaid dont Kimahri, Lulu et Yuna. Avec eux, il s’engagera dans un long et rigoureux pèlerinage, en quête de l’ultime chimère, durant lequel il apprendra à connaître et construire son histoire, mais aussi accepter la fatalité de son destin.

Seymour, le vrai méchant de l’histoire…

Introduisant des protagonistes et antagonistes charismatiques, une histoire profonde, critique et émotionnellement forte, Final Fantasy X dispose d’un des meilleurs scénarios de la série. Le jeu nous fait vivre un long pèlerinage jalonné de rires et jonché d’obstacles qui baigne dans une ambiance asiatique prononcée: celui de Yuna, qui s’étendra sur des centaines d’heures pour les joueurs téméraires et désireux de finir le jeu complètement . De plus, des bonus audio et vidéo inédits apportent de nouvelles informations sur l’histoire comprenant les épisodes X et X-2, et laissent présager que l’épisode X-3 est bien sur le feu. Gageons toutefois qu’il soit à la hauteur !

92

Magique

CONCRÈTEMENT, QU’EST-CE QUE CA VAUT ?

« Listen to my story. This… may be our last chance ». En somme, Final Fantasy X HD Remaster est un portage haute-définition excellent qui ne s’arrête pas au simple lissage. La refonte graphique est honorable, le réarrangement musical est quasiment parfait, et quelques bonus audio/vidéo ont été ajoutés. Toutefois, il n’est pas exempt de défauts. Quelques petits détails auraient mérité d’être travaillés avec plus de soin afin de combler les inégalités constamment présentes dans le jeu. Malgré ça, le jeu n’a pas perdu de son intérêt et encore moins de sa magie. Un intérêt qui ne trouve pas totalement sa force dans la refonte graphique, mais plutôt dans la richesse de l’épisode, du contenu, du gameplay et de l’histoire proposés. Les anciens joueurs prendront énormément de plaisir à revivre l’aventure, tandis que les néophytes y trouveront pleinement leur bonheur dans cet univers pittoresque.

Les screenshots présents dans cet article ont été réalisés par le chroniqueur, soit Kefka – A Blog to the Past © 2014

La traversée du temps – Le voyage temporel revisité

La traversée du temps (Toki wo Kakeru Shōjo) est un film d’animation japonais sorti en juillet 2006 au Japon et un an plus tard, en juillet 2007 en France. Il est produit par le célèbre studio Madhouse, auteur notamment des séries Btooom! et Highschool of the Dead. Cette production a marqué le tournant de la carrière de son réalisateur, Mamoru Hosada. Elle lui permettra d’acquérir une certaine notoriété et de produire par la suite des long-métrages tels que Summer Wars et Les Enfants loups, Ame et Yuki.

La traversée du temps est la suite d’une nouvelle japonaise extrêmement populaire de Yasatuka Tsutsui. L’histoire originale suit les avantures de la tante de Makoto, qui vécut une expérience similaire durant sa jeunesse. Le lien entre les deux oeuvres n’est pas forcément évident pour le public français, mais les deux histoires se chevauchent.

Time waits for no oneTime waits for no one

La traversée tu temps suit l’histoire d’une jeune fille dénommée Makoto et de ses amis Kosuke et Chiaki. A eux trois, ils forment un trio qui passe son temps à jouer au baseball. Makoto est une fille assez excentrique, masculine et tête en l’air. Elle ne fait pas réellement attention à ce qui se passe autour d’elle, et se retrouve souvent dans des situations délicates. Ce quotidien malchanceux, elle le vit sans se soucier de quoi que ce soit.

Le thème du long-métrage est le voyage temporel. Découvert par Makoto, ce moyen de remonter le temps transformera son quotidien malchanceux en une succession de réussites et de moments forts. Dans un premier temps, la jeune fille s’amuse de ses nouvelles libertés, et en profite pour revivre des dizaines de fois les meilleurs moments de ses journées. Ces rapides allers et retours dans le temps vont petit à petit amener de grands changements dans la vie de Makoto. Ses actes vont avoir des conséquences de plus en plus importantes et les dégâts collatéraux vont l’obliger à revivre plusieurs fois la même scène pour corriger ses erreurs. La jeune fille va sentir le poids de ses choix sur ses épaules, et les résultats de ses expériences vont lui ouvrir les yeux sur certaines choses.

Jouer avec le temps est un acte immoral

On ne tarde pas à découvrir la morale de l’histoire : jouer avec le temps est un acte immoral, et l’auteur finira un jour ou l’autre par être puni. C’est alors que le ton du film change radicalement. On passe d’un univers joyeux et coloré à des notes de piano lourdes, des plans tristes, tragiques. Mais le véritable problème du film ne réside pas là ; s’il s’était achevé sur cette révélation destructive, ma note aurait été bien plus haute.

Cependant, là où l’oeuvre trouve son charme, là où on se dit « Tiens, un long-métrage pour ados finalement crédible », tout s’écroule. Mamoru Hosada tente, veinement, de donner une suite de vingt longues minutes à son histoire finalement pas si mal. Ces vingt minutes laborieuses tenteront de nous offrir une « Happy End » et de nous délivrer un second message puéril et illogique : toutes les erreurs sont réparables. Vingt minutes finales qui feront de ce très bon film un simple blockbuster tokyoïte.

Les décors sont tout à fait honnêtes. Sans partir dans les plans « carte postale » de notre ami Shinkai dans Le jardin des mots, ils restent attractifs et très colorés. Le character design est quant à lui sobre. Et ce n’est pas plus mal : on nous épargne donc les personnages aux coiffures extrêmes et aux déguisements surchargés. Ici, place à la simplicité. C’est un peu ce qu’on apprécie principalement dans le travail de Yoshiyuki Sadamoto.

S’ajoute à cela la légèreté de la bande son, principalement composée de notes de piano. Kiyoshi Yoshida, compositeur que l’on connait très peu, réalise finalement un travail de qualité. On retrouve des morceaux mélodieux et enjoués, puis funestes et tragiques. Une bande-son qui sait se faire discrète et apporter sa touche de simplicité à l’œuvre.

 

UN DERNIER MOT POUR LA FIN ?

74
Pas mal

Une histoire touchante qui traite de la jeunesse d’une manière plutôt juste. Même si le thème du voyage temporel est vu et revu, La traversée du temps sait se faire apprécier par sa simplicité et la complicité des personnages. Cependant le film s’éternise. Là où on le pensait achevé d’une manière très cohérente, il nous offre vingt minutes supplémentaires qui n’ont, en réalité, pas lieu d’être. Heureusement, cette erreur est comblée par une qualité de réalisation très fine, simple et incroyablement efficace. Une note qui aurait pu être vraiment plus haute si Hosada avait su s’arrêter quand il le fallait.